C’est en 2006 que les derniers étudiants de l’université de Liège ont quitté le campus du Val Benoît, ce site de 9 hectares situé à deux pas des Guillemins. Un site qui se compose d’un nombre important de bâtiments datant des années 20 et 30, dont la plupart sont désaffectés, et au sujet duquel la Ville de Liège et la Spi +, à savoir l’agence provinciale de développement, ont entamé une réflexion visant à sa reconversion. L’idée développée par cette dernière et avalisée par les autorités communales consiste, ainsi que l’explique sa directrice générale Françoise Lejeune (PS), en la création d’un parc d’activités économiques d’un genre nouveau.

"L’idée est de réimplanter de l’activité économique au cœur de la ville, ce qui est le cas ici puisque le site du Val Benoît est en connexion immédiate avec la gare TGV et donc aussi avec le centre-ville", explique Françoise Lejeune. Et la directrice générale de la Spi + de préciser : "Nous comptons développer l’idée d’appartements d’entreprises, et le concept du parc d’activités économiques vertical, ce qui doit permettre d’économiser l’équivalent d’un zoning de 30 hectares en périphérie."

En février dernier, le schéma global de réaffectation du site, élaboré de concert par les deux partenaires précités, débouchait sur la reconnaissance par la Région d’un périmètre dit de "Site à réaménager" (SAR), ce qui impliquait l’octroi par cette dernière d’importants subsides. Et ces subsides, de l’ordre de plus de 20 millions d’euros octroyés tant par le ministre écolo Henry, lequel intervient dans le cadre des SAR, que par son collègue socialiste Marcourt, ont été entérinés par une décision du gouvernement wallon datant du 16 décembre dernier. Aux 10 millions issus de l’enveloppe globale destinée aux SAR wallons, et dont le projet liégeois bénéficie de 10 %, s’ajoutent 10,5 millions qui s’inscrivent quant à eux dans deux axes du Plan Marshall, à savoir le développement de micro-zones d’activités économiques et celui de zones franches urbaines. Comme le précise le ministre de l’Economie et de l’Enseignement supérieur, "ce projet, dont le coût global est estimé à 70 millions d’euros et qui doit permettre à terme la création de 700 à 1300 emplois, bénéficie également de l’octroi d’un droit de tirage accordé à la Spi + pour un montant de 6 millions d’euros".

Tant le ministre Marcourt que son collègue ayant en charge l’Aménagement du territoire ont souligné ce mercredi, lors d’un point presse, le caractère novateur d’un projet qui concilie selon eux développement économique et requalification d’une zone urbaine. Un projet jugé par Jean-Claude Marcourt "emblématique de l’Olivier wallon" et au cœur, selon le ministre Henry, de plusieurs enjeux inscrits dans la déclaration de politique régionale, dont "la volonté de reconstruire la ville sur la ville".

L’heure est maintenant, d’ici l’été, à la désignation des auteurs de projet avant le lancement d’un appel d’offres un an plus tard. Les premières entreprises ne sont pas attendues avant fin 2014 sur un site qui devra également abriter entre 100 et 200 logements et plus de 1000 places de parking, sans oublier une densification des espaces verts et une attention accordée à la mobilité douce.