Et voilà que le pétrole fait soudain reparler de lui ! Lundi, le président de l’Opep, l’Angolais José Maria Botelho de Vasconcelos, a déclaré que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole pourrait décider d’une nouvelle baisse de production lors de sa réunion de dimanche prochain à Vienne. Et ce, alors que plusieurs pays, dont le Venezuela et l’Algérie, ont déjà publiquement envisagé de nouvelles réductions. "Les prix actuels du pétrole ne sont ni justes ni rentables pour les Etats producteurs et les membres de l’Opep veulent les augmenter", a déclaré pour sa part lundi le ministre irakien du Pétrole Hussain al-Shahristani.

Un million de barils par jour

Fin 2008, l’Opep s’était déjà engagée à retirer 4,2 millions de barils par rapport à son niveau de production de septembre dernier. Mais, sur fond de récession, le prix du pétrole reste inférieur aux ambitions des pays exportateurs. Lundi matin, il oscillait entre 44 et 45 dollars le baril. "Le but que nous voulons atteindre est un prix du baril d’environ 75 dollars", a expliqué José Maria Botelho de Vasconcelos. "J’admets que cela sera un vrai défi cette année", a-t-il ajouté.

Cette volonté politique repose sur une action bien déterminée. Ainsi a-t-on appris que l’Opep allait réduire d’un million de barils par jour sa prévision de la demande pétrolière mondiale en 2009. La révision sera officialisée ce mois-ci lors du prochain rapport mensuel. La consommation de pétrole a diminué en 2009 pour la deuxième année consécutive vu le ralentissement économique mondial. Les derniers rapports de l’Opep prévoient que la demande mondiale diminuera de 580 000 barils par jour en 2009 pour atteindre 85,13 millions de barils par jour.

L’Opep produit plus du tiers du pétrole mondial et s’est engagée depuis septembre à réduire sa production de 4,2 millions de barils par jour, soit 5 pc de la demande mondiale. La demande en pétrole produit par les membres de l’Opep a baissé de 1,9 million de barils par jour par rapport à ses niveaux de l’an dernier. "La contraction de la demande du fait de la crise économique mondiale va continuer à peser sur les cours", a précisé le secrétaire général, et "toutes les options seront sur la table" lors de la prochaine réunion de l’Opep dimanche à Vienne.

Le niveau actuel des cours n’est "pas vraiment acceptable" pour l’Opep mais n’est pas si négatif étant donné l’état de l’activité économique dans le monde, a remarqué Abdullah Al Badri, qui a réaffirmé que les baisses de production mises en place depuis septembre ont permis de stabiliser les cours. Pour rappel, les cours du brut ont perdu plus de 100 dollars depuis leur plus haut de juillet 2008. Ce niveau est bien trop faible pour encourager les investissements nécessaires aux demandes futures, selon l’Opep. L’Arabie saoudite, premier pays exportateur et membre le plus influent de l’Opep, n’a pas encore fait connaître sa position dans la perspective de la réunion du cartel.

Lundi, le baril de "light sweet crude" a clôturé à New à 47,07 dollars, en hausse de 1,55 dollar.