Les prix du pétrole, relativement soutenus ces derniers temps, sont repartis à la baisse lundi en raison de températures supérieures à la normale aux Etats-Unis. La perspective d'une nouvelle baisse de production de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à la réunion de jeudi au Nigeria a toutefois permis de limiter les pertes. Entre-temps, le consommateur avisé aura noté que le mazout de chauffage progressait très légèrement ce mardi à 53,69 cents (+ 0,95 cent).

Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light sweet crude" pour livraison en janvier baissait de 45 cents à 61,58 dollars lundi. À Londres, sur l'Intercontinental Exchange, le baril de Brent de la mer du Nord perdait 30 cents à 61,90 dollars sur l'échéance de janvier.

Renflouer les stocks

Des températures supérieures à la normale saisonnière sont attendues dans l'Est des Etats-Unis dans les six à dix prochains jours, selon le dernier bulletin du service national de météorologie du pays. La douceur du climat devrait calmer la consommation et permettre aux stocks pétroliers américains de se renflouer. "Les prix du pétrole déclinent en raison de prévisions d'un réchauffement du climat aux Etats-Unis", a indiqué un analyste londonien. "Mais les spéculations sur le prochain geste de l'Opep restent le thème dominant sur le marché", a-t-il toutefois souligné.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui fournit 40 pc de l'offre mondiale de brut, pourrait annoncer lors de sa réunion jeudi à Abuja une baisse de sa production pour la deuxième fois cette année, afin d'empêcher un repli des cours début 2007. Plusieurs membres du cartel, dont l'Arabie saoudite, l'Iran, le Nigeria et le Venezuela, sont intervenus ces dernières semaines en justifiant la nécessité d'une nouvelle réduction de production par l'abondance des stocks et l'excédent actuel de brut sur le marché. Le Qatar et le Nigeria notamment ont également évoqué la récente dépréciation du dollar américain, qui entame les revenus des producteurs. Le président de l'Opep, Edmund Daukoru, a estimé à un million de barils par jour l'excédent de brut et jugé qu'une baisse d'"au moins" 500000 barils par jour de l'offre du cartel serait annoncée jeudi. Le chef de file du cartel, le Saoudien Ali al-Nouaïmi, avait estimé en début de mois que "le marché était en situation de net déséquilibre" et qu'il fallait soustraire aux stocks pétroliers 100 millions de barils pour le rééquilibrer.

Réduire l'offre

Le ministre indonésien de l'Energie, Purnomo Yusgiantoro, s'est montré plus catégorique vendredi en estimant que l'Opep devait réduire son offre de 1 à 1,5 million de barils par jour. Lundi, toutefois, le quotidien à capitaux saoudiens El Hayat, citant des sources proches de l'Opep, a affirmé que celle-ci ne procédera ni à une réduction de la production ni à quelconque changement du niveau officiel de production que l'organisation a fixé lors de sa dernière réunion.

Par ailleurs, les intervenants restent prudents face à la menace de nouvelles attaques contre le secteur pétrolier au Nigeria, où quatre expatriés ont encore été enlevés récemment.

(avec AFP, Reuters)