Les prix du pétrole sont repartis à la hausse, vendredi, soutenus par un accroissement des tensions avec l'Iran à propos du contentieux nucléaire et la réticence affichée de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) à vouloir augmenter sa production, à la veille du sommet de ses chefs d'Etat, ce week-end à Ryad. Les prix élevés du pétrole ne devraient pas y être abordés " frontalement ", assure-t-on, les observateurs ayant déjà en ligne de mire la réunion ministérielle d'Abou Dhabi du 5 décembre. Une déclaration " importante " sur l'environnement devrait en revanche y être formulée...

Interrogé sur les intentions du cartel, le ministre algérien du Pétrole, Chakib Khelil, a écarté l'éventualité d'un quelconque "geste" . " Nous avons assez d'approvisionnement pétrolier pour le moment , a-t-il réaffirmé. Nous avons accepté une hausse de production d'un demi-million de barils par jour et les prix sont en fait montés ", a-t-il poursuivi. "Nous ne pensons pas que les prix du pétrole vont monter ni qu'ils iront au-delà de 100 dollars", a ajouté M. Khelil qui table sur une baisse des cours en 2008. Des propos contredits par son homologue vénézuélien, Rafael Ramirez, qui a déclaré vendredi : " Nous avons dit depuis des années que le pétrole allait atteindre 100 dollars et il semble que cela va arriver bientôt ." A noter que la présence au sommet du président vénézuélien Hugo Chavez, partisan d'une politique "dure" sur les prix et d'une rhétorique antiaméricaine, et celle du président iranien Mahmoud Ahmadinejad donnent un ton hautement politique au sommet.

Quoi qu'il advienne, de nombreux analystes estiment qu'une décision d'augmenter la production interviendrait de toute façon trop tard. Sachant qu'il faut plusieurs mois pour le pomper, l'acheminer et le raffiner, le pétrole ne pourrait arriver aux consommateurs qu'à la fin de l'hiver, après la période critique de forte consommation de produits de chauffage...

Les nouvelles relançant les inquiétudes sur l'offre, ont semblé l'emporter sur les facteurs qui avaient pesé sur les prix jeudi : l'Opep avait alors annoncé une révision à la baisse de ses estimations de croissance de la demande mondiale pour 2007 et 2008. Dans la foulée, le marché avait appris une progression inattendue des stocks de brut américains (de 2,8 millions de barils), dissipant en partie les craintes sur l'état des approvisionnements du premier consommateur mondial de brut.

Malgré leur redressement, les prix sont inférieurs de plus de 4 dollars aux records inscrits la semaine dernière (98,62 dollars à New York et 95,19 dollars à Londres) et les analystes doutent à présent que l'on franchisse rapidement le seuil symbolique des 100 dollars, alors que cela paraissait presque acquis il y a une semaine. Mais sait-on jamais ?

"Le marché a encore une chance de grimper si les faucons peuvent prouver que les signes de baisses des prix qui s'accumulent ne sont pas encore suffisants pour forcer les cours à descendre. Mais la pression grandit en faveur d'un mouvement de baisse ", a prédit un analyste.

(avec AFP, Reuters)

© La Libre Belgique 2007