A 09H49 (08H49 GMT), l'action L'Oréal lâchait 10,15% à 54,61 euros, en queue des valeurs vedettes du CAC 40, dans un marché parisien en recul de 1,02%.

Le leader mondial des cosmétiques a annoncé jeudi un recul de ses ventes au troisième trimestre sur ses marchés occidentaux, ce qui le conduit à revoir à la baisse ses objectifs, et à fermer deux usines en Europe, pour la première fois "depuis de très nombreuses années". En Europe de l'Ouest, la croissance, "ralentie", a été de 3,9% (-1,8% à données comparables) à 1,74 milliard au troisième trimestre. Dans ces conditions, "nous estimons désormais plus prudent de prévoir pour 2008 une croissance du chiffre d’affaires à données comparables proche du niveau atteint à 9 mois, c'est-à-dire de l'ordre de +4%", a indiqué le directeur général du groupe Jean-Paul Agon.

L'Oréal abaisse ainsi pour la deuxième fois depuis le début de l'année son objectif de croissance des ventes: début 2008, il visait une progression dans une fourchette de 6 à 8%. Le groupe a en outre abaissé sa prévision de croissance de son bénéfice net par action hors effets de change: elle devrait être "de l'ordre de 7 à 8%", contre une progression "à deux chiffres" attendue jusqu'à présent. "La publication décevante et le manque de visibilité (...) devraient peser fortement sur le titre", estiment les analystes de Natixis, qui ne voient pas "dans l'environnement de consommation morose actuel, de reprise forte se profiler dans un avenir proche."

Ils abaissent à "alléger", contre "renforcer" auparavant, leur recommandation sur le titre, et revoient en forte baisse leur objectif de cours, à 56 euros, contre 68 euros auparavant. Emmanuelle Thollon Pommerol, du Crédit Mutuel-CIC, se montre tout aussi circonspecte: "L'Oréal émet son deuxième +sales warning+ (révision en baisse de ses prévisions de ventes, ndlr) de l'année, ce que nous attendions, mais aussi un +profit warning+ (avertissement sur résultats, ndlr) plus inattendu. C'est beaucoup à absorber pour un groupe considéré comme défensif", souligne-t-elle.

"Cette publication devrait être sanctionnée, d'autant que la résistance du titre depuis la fin août dans un marché très baissier a été marquée", précise l'analyste, qui maintient sa recommandation à "conserver", mais abaisse son objectif de cours à 59 euros, contre 67 euros auparavant.

Pour Deutsche Bank, enfin, "étant donné le ralentissement attendu de certains marchés émergents, les nouvelles prévisions de ventes de L'Oréal ne sont pas sans risques". Pour leur part, la banque suisse UBS a abaissé à "vendre", contre "neutre" auparavant, sa recommandation sur le titre, tandis que la banque américaine Morgan Stanley baissait son objectif de cours à 55 euros, contre 60 euros auparavant.