C’est le rôle de Delhaize que d’aller débusquer de nouvelles régions de production, de faire découvrir des vins de pays où, parfois, on ne s’attendait même pas à trouver des vignes", entamait, jeudi, Alain Pardoms, acheteur vin. Avec, en filigrane, l’envie d’y aller le premier et d’avoir ainsi accès aux meilleures maisons. A l’occasion de la foire aux vins de printemps (*) que mettent également sur pied d’autres distributeurs, place à l’Ukraine : Delhaize a en effet retenu des vins du vignoble Shabo, du nom d’une petite ville située à une septantaine de kilomètres d’Odessa.

"J’ai découvert ces vins lors d’une dégustation dans une foire internationale", raconte Alain Pardoms, "et j’ai été surpris par leur qualité. Là-bas, il y a des vignobles depuis plus de 2 000 ans. Le climat est continental mais la mer Noire est tellement proche qu’elle joue le rôle de régulateur thermique en rafraîchissant les nuits. Les terroirs sont bons. C’est une région faite pour produire du vin."

Un groupe familial

En l’occurrence, la maison Shabo, rachetée en 2003 par la famille Iukuride, possède 1 200 ha, emploie 800 personnes toute l’année (jusqu’à 1 200 à 1 300 personnes pendant les vendanges) et produit entre 40 et 45 millions de bouteilles par an, dont 35 % de bouteilles de vin (tranquilles et effervescents). Le reste, c’est du brandy (la maison est n°1 dans ce marché en Ukraine avec plus de 28 % de parts de marché), du vermouth et de la "grape vodka" (vodka distillée à partir de raisin).

Quand la famille Iukuridze rachète le domaine, il est en piteux état. Depuis, elle y a investi 100 millions de dollars en bénéficiant de crédits : "Mon père est connu dans le secteur", souligne Giorgi Iukuridze, actif à ses côtés dans l’entreprise, tout en l’étant également auprès du parlement européen. Les installations sont rutilantes; la société familiale se retrouve aujourd’hui parmi les plus gros producteurs de vins et spiritueux du pays et ce vignoble est le seul domaine du pays à pouvoir porter une appellation d’origine contrôlée. Pour l’heure, "90 % de la production sont écoulés en Ukraine", précise Giorgi Iukuridze. La création de leur Musée du vin (sur le site) a d’ailleurs dynamisé la consommation locale. Depuis un ou deux ans, la maison s’est lancée dans l’exportation vers les pays baltes, mais aussi les Etats-Unis, la Chine et le Japon. "Après la Belgique, nous voulons toucher aussi l’Allemagne et la Grande-Bretagne, le Canada."

Vins chinois, brésiliens, moldaves…

Voici 40 ans, Delhaize avait été un des premiers à pousser les vins du Nouveau Monde. Depuis une quinzaine d’années, il vend des vins portugais : "Nous avons commencé avec un petit vigneron, nous avons aujourd’hui un assortiment complet", résume Alain Pardoms. Il y a deux, trois ans, le distributeur a lancé des vins chinois : "Ils ont bien performé pendant une période et puis il s’est avéré difficile de trouver des vins stables, de qualité constante. Nous avons donc arrêté." Les vins brésiliens lancés pour la Coupe du monde de foot en 2014, en butte à la forte concurrence des vins chiliens et argentins, sont malgré tout restés dans les rayons et seront remis en avant lors des prochains JO.

L’an dernier, c’était au tour des vins de Moldavie de débarquer : "Une grande réussite avec de gros volumes. Cela nous donne une image du renouveau de l’Europe de l’Est qui est en train de se réveiller avec la Bulgarie, la Hongrie, etc." Quant aux vins turcs, également lancés en 2015, "il y a du suivi dans les ventes".

La dégustation peut commencer…

(*) Du 25 février au 3 mars, Delhaize propose des actions 3+1 ou 4+2 gratuites à l’achat de 4 ou 6 bouteilles identiques sur une sélection de 100 vins en magasin et de 45 vins sur www.delhaizewineworld.com. De son côté, Colruyt affiche une réduction de 15 % à partir de 6 bouteilles et 25 % à partir de 12 bouteilles sur plus de 40 vins du 24 février au 8 mars.