Le premier constructeur automobile allemand et européen, Volkswagen, présentera mercredi « le plus grand plan social de son histoire», qui prévoit l'augmentation du temps de travail sans compensation salariale, ce qui menace « plus de 20000 emplois» et devrait entraîner la fermeture du site de Forest, en Belgique, rapporte le magazine «Focus». D'après l'hebdomadaire allemand, ce plan, déjà approuvé en substance par les grands actionnaires, sera présenté au conseil de surveillance par le patron de la marque Volkswagen, Wolfgang Bernhard. Ce conseil durera deux jours et devrait porter le jeudi sur la reconduction du mandat de Bernd Pischetsrieder, le patron du groupe.

Semaine des 35 heures

Selon «Focus», les salariés travaillant 28,8 heures par semaine, comme ceux de la maison-mère à Wolfsburg, doivent revenir « pour plusieurs années " à la semaine de 35 heures sans compensation salariale.

Conséquence de l'allongement du temps de travail: plus de 20000 emplois sont menacés. Toutefois, ils ne seraient pas directement supprimés, mais négociables contre des indemnités ou des mesures de préretraite ou de retraite anticipée.

Toujours selon «Focus», le site de Volkswagen à Bruxelles, qui emploie 5000 salariés, devrait complètement fermer. La production devrait être transférée en Allemagne, pour y compenser les pertes d'emploi.

En février, Volkswagen avait annoncé la suppression de quelque 20000 emplois au cours des trois prochaines années, pour baisser ses coûts de production, rappelle le magazine allemand.

Volkswagen, qui comprend notamment les marques Audi, Seat, Skoda, Bentley et Bugatti, emploie au total près de 345.000 salariés dans le monde.

Entre flou et spéculations

Vu la fermeture complète des usines Volkswagen, en Allemagne et en Belgique, en raison du vendredi saint, il n'a pas été possible de contacter directement la direction à la veille du week-end. « Nous avons recueilli brièvement son sentiment et elle nous a paru surprise, ce qui semble mettre en doute la véracité de l'information. Je suis relativement optimiste », nous a toutefois déclaré Guy Danneel, secrétaire principal de la CSC. « Ce n'est pas la première fois que l'issue fatale de VW-Forest est évoquée dans la presse allemande qui tente ainsi de contrebalancer les pertes d'emplois en Allemagne», a renchéri Peter Donck, directeur de la branche «automobile» chez Agoria.« Au vu des problèmes rencontrés par le secteur, je n'oserais pas dire qu'il n'y a rien et qu'aucune restructuration ne sera décidée par le groupe. Mais à mes yeux, il y a beaucoup de spéculations et il n'est pas question de fermeture. VW-Forest assemble pour le moment un modèle de la série Golf et attend d'autres adjudications ». Une preuve du flou qui règne en ce moment: « J'ai lu également dans la presse que les deux patrons du groupe étaient menacés personnellement, alors vous comprenez... », conclut Peter Donck.

© La Libre Belgique 2006