A quand remonte, déjà, votre dernier rendez-vous dans votre agence bancaire ? Sans doute l’avez-vous oublié…

Les Belges, et ce n’est pas neuf, fréquentent de moins en moins les agences bancaires, si ce n’est pour effectuer des retraits d’argent dans le sas d’entrée ou effectuer des opérations électroniques. De là à pousser le bout du nez plus loin dans l’agence…

Il est vrai que les banques ont facilité le glissement de vos habitudes.

Quelques clics, et voilà votre virement effectué, sans devoir aller le déposer dans une urne. Un transfert entre comptes ? Rapide comme l’éclair. Même des ordres d’achat de produits d’investissement peuvent être effectués par PC banking.

Ce tout à l’Internet, ou presque, a aussi facilité la pénétration des banques sans guichet, travaillant purement et simplement via le web.

Prenez le cas de Rabobank.be, qui s’est installée en novembre 2002 en Belgique. Les débuts n’ont pas été évidents. C’est que la banque par Internet n’était pas encore tout à fait entrée dans les mœurs : elle suscitait encore la méfiance.

Après trois ans, Rabo peinait à dépasser la barre des 40 000 clients, alors qu’elle offrait des rendements sur l’épargne bien supérieurs à Fortis Banque ou encore Dexia Banque.

L’un des derniers venus sur le marché, MoneYou, a déjà dépassé la barre des 40 000 clients, alors qu’il fêtera sa première année de présence en Belgique dans quelques jours.

Il est vrai que MoneYou, comme Rabobank.be en son temps, propose des taux particulièrement attractifs sur ses comptes d’épargne, même si, là-aussi, la tendance est à la baisse : le rendement annuel du compte Plus - le compte qui privilégie la prime de fidélité - passera de 2,20 à 1,95 % à partir du 3 septembre prochain.

MeDirect, le nouveau venu

Si cela peut être chiche quand on se souvient de rendements d’antant, cela reste deux à trois fois plus que le taux proposé par des banques traditionnelles. NIBC Direct, autre champion du rendement sur les comptes d’épargne, a enregistré en 2013 une hausse de 50 % du nombre de ses clients, sans toutefois donner de chiffres précis.

L’offre de ces banques n’en reste pas moins limitée. MoneYou, par exemple, propose deux comptes d’épargne. Et rien de plus. A terme, des comptes à terme… devraient compléter l’offre.

Chez NIBC Direct, c’est là aussi deux comptes d’épargne et des comptes à terme.

Certes, Rabobank et Fortuneo ont une offre bien plus élargie : là, il est possible d’investir dans des fonds de placement, dans des produits d’assurance de branche 21 - bien souvent, à des conditions très intéressantes - ou encore dans des actions.

Ces banques de droit néerlandais (Rabo, MoneYou, NIBC) et français (Fortuneo) récoltent en fait une épargne belge qui traverse ensuite les frontières…

C’est dans ce créneau que MeDirect semble s’inscrire.

Cette banque en ligne, originaire de Malte, propose un compte d’épargne offrant 2,25 % brut, selon son site Internet, soit 1,68 % net. Bof ! D’autant que les retraits sont soumis à un préavis de 3 mois.

Le site propose également des fonds d’investissement, des trackers ou la possibilité d’acheter des actions.

Reste que vous ne pouvez pas vous contenter de l’une de ces banques Internet : elles ne proposent pas de moyens de paiement, qu’il s’agisse d’une carte de paiement ou de crédit. Bref, vous devez donc conserver un pied dans une banque traditionnelle.

A moins d’opter pour la banque 100 % Internet Keytrade Bank, qui compte 170 000 clients à ce jour. Cette banque appartenant au groupe Crédit Agricole propose une carte Maestro (gratuite) et des cartes de crédit (payantes). C’est presque parfait.

S’il vous arrive d’avoir de temps à autre du cash que vous souhaitez déposer sur votre compte à vue, aucune de ces banques ne vous le permet : elles n’ont aucune agence et encore moins de guichet. Un détour par la case traditionnelle s’impose.

Surtout, ces banques ne proposent pas le moindre crédit, qu’il s’agisse de prêt personnel, de crédit auto et surtout du crédit hypothécaire, pierre angulaire de la stratégie commerciale des banques traditionnelles.

Or, chaque Belge, ou presque, contracte au moins un crédit hypothécaire dans sa vie, ce qui a bien souvent pour conséquence de le lier à cette banque pour de longues années.

"Proposer le crédit hypothécaire serait logique pour nos clients. Mais cela ajouterait une complexité énorme à notre société", expliquait voilà quelque temps Stephane Vermeiren, le patron de Rabobank.be. Si l’idée est étudiée, elle n’est pas encore pour demain.

C’est dire si ces banques Internet sont bien loin de répondre aux besoins financiers des Belges même pour ceux qui ne sont pas prêts à s’aventurer dans des investissements de haut vol.