La Banque centrale européenne (BCE) ne pourra pas être déchargée de sitôt de ses rachats d'obligations d'Etats par le fonds de secours européen (FESF), affirme le Handelsblatt mardi en citant des sources diplomatiques. Même si les capacités du fonds européen devraient être démultipliées grâce à de nouveaux instruments actuellement en discussion, il restera trop petit pour soutenir les grands pays de la zone euro comme l'Italie et l'Espagne par des achats de dette, selon ces sources.

Depuis mai 2010 et le début de ce programme contesté en son sein, la BCE a racheté au total pour 169,5 milliards d'euros d'obligations d'Etats en difficulté de la zone euro. Après avoir racheté principalement des obligations grecques, elle rachète aussi depuis août des emprunts italiens et espagnols sur le marché dit secondaire.

Deux voies potentiellement complémentaires sont examinées pour obtenir un effet de levier du FESF: transformer le fonds en "assureur-crédit" prenant en charge une partie du risque de défaut lors de l'émission d'obligations par des pays fragiles, et faire appel à des financements extérieurs, via le Fonds monétaire international (FMI) notamment.

Les capacités du fonds pourraient ainsi passer de 440 milliards d'euros à plus de 1.000 milliards d'euros, avait estimé lundi le chef du groupe parlementaire des Verts allemands, Jürgen Trittin.

Lundi la BCE a annoncé avoir racheté pour près de 4,5 milliards d'euros d'obligations publiques de la zone euro sur une semaine, soit plus du double par rapport à la semaine précédente.