La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs inchangés jeudi, mais son président Jean-Claude Trichet a signalé des risques sur la croissance économique et la stabilité des prix dans la zone euro et s'est dit prêt à agir si nécessaire pour parer à l'inflation. Comme prévu, le Conseil des gouverneurs de la BCE a laissé à 4 pc le principal taux directeur de la banque centrale - le taux de refinancement - après des semaines de turbulences sur les marchés financiers. Mais il a infléchi sa position, retirant de son communiqué mensuel la référence à une politique monétaire qui conserve un "caractère accommodant". "Si nous avions voulu mentionner , nous l'aurions fait. Nous ne l'avons pas fait. Aurions-nous aimé dire , nous l'aurions dit, ce que nous n'avons pas fait. A nouveau, notre message c'est : risque à la hausse sur la stabilité des prix et prêt à parer à ces risques à la hausse", a déclaré Trichet lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, organisée à Vienne. Pour la plupart des économistes interrogés, ces propos confirment que les taux de la zone euro ont atteint le pic de leur cycle actuel. Le taux de facilité des dépôts demeure à 3 pc, et le taux de prêt marginal à 5 pc, niveaux en vigueur depuis le 6 juin dernier.

Croissance soutenue

Sur la croissance dans la zone euro, Trichet a déclaré que la BCE s'en tenait à son scénario de base, à savoir une expansion économique soutenue, autour de sa tendance de long terme, en dépit d'incertitudes accrues. "Les fondamentaux de l'économie de la zone euro vont dans le sens d'une perspective favorable à moyen terme pour l'activité économique : en particulier les bénéfices des entreprises et la profitabilité ont été soutenus, la croissance de l'emploi a été robuste et le chômage a baissé", a-t-il dit. "Cependant, étant donné la volatilité des marchés financiers et la réévaluation des risques observée ces dernières semaines, cette appréciation est entourée d'une incertitude accrue."

Inflation à suivre

Sur l'inflation, la BCE a également maintenu son évaluation de risques en hausse. Mais Trichet s'est abstenu d'évoquer sa "vigilance" sur la stabilité des prix. Le président de la BCE a aussi insisté sur l'importance à parler d'une seule voix et à observer "une discipline verbale" entre partenaires de la zone euro sur la "très importante question" de la fermeté de l'euro.

Mais il s'en est tenu à sa position précédente sur les changes, notant que les Etats-Unis avaient parlé de leur intérêt d'avoir un dollar fort, que la valorisation du yen devrait refléter les fondamentaux de l'économie nippone et les monnaies des marchés émergents, notamment le yuan, devraient être plus souples. (Reuters)

© La Libre Belgique 2007