Delhaize déprime en Belgique. Et, foi de Pierre-Olivier Beckers, le patron du groupe, la météo maussade de cet été n'y est pour rien. C'est la faiblesse des dépenses de consommation qui est, selon lui, responsable de la baisse de régime qu'a connue le distributeur, au cours du premier semestre de l'année, et tout particulièrement pendant le deuxième trimestre. Le chiffre d'affaires de Delhaize Belgique (supermarchés Delhaize, Delhaize City, AD Delhaize, Di et Tom&Co) a augmenté, au cours de la première partie de l'année, de 1pc pour atteindre 1,9 milliard d'euros, a annoncé le groupe jeudi. Mais, il y a un an, à pareille époque, la croissance était de 7pc. Au cours du 2e trimestre, son chiffre d'affaires comparable (c'est-à-dire sans la contribution de la chaîne Cash Fresh pour un mois et d'un effet calendrier positif, soit 2 jours de ventes en plus) a même diminué de 2,9pc. Son bénéfice d'exploitation a baissé de 21,3pc à 45,8 millions d'euros «en raison de charges d'exploitation plus élevées». Dans la foulée, la part de marché de Delhaize a perdu des plumes, que la direction de Delhaize n'a toutefois pas voulu chiffrer. Et la situation ne semble pas se redresser. «Nous n'observons pas de signe d'amélioration en Belgique, la confiance des consommateurs ne remonte pas», a commenté hier Pierre-Olivier Beckers, l'administrateur-délégué du groupe.

A côté de la conjoncture, a-t-il reconnu, il y a aussi l'environnement qui continue à être très compétitif. «Un nombre important de magasins concurrents ont ouvert leurs portes.» Faut-il s'attendre, dans ce contexte difficile, à une nouvelle guerre des prix? «Il n'y a pas de guerre de prix irrationnelle en Belgique, à l'exception de quelques grosses promotions limitées dans le temps. Et nous n'anticipons pas une accélération de celle-ci dans les prochains mois», a indiqué le patron du groupe. Delhaize ne prévoit en tout cas pas de nouvelles baisses des prix dans ses rayons. «Nous avons réduit notre écart avec les prix de Colruyt sur les marques nationales, celui-ci est de 5pc, ce qui était notre objectif. Mais nous avons encore un problème de perception.» En revanche, le distributeur compte développer ses marques propres, comme «365» (300 références en Belgique). Et faire la différence dans les produits frais, en lançant un nouveau concept de poissonnerie et un nouveau rayon pour les sportifs et les personnes ayant des besoins diététiques particuliers.

98 nouveaux magasins

Mais la vie de Delhaize ne se résume pas à la Belgique. C'est aux Etats-Unis que le groupe réalise en effet 75pc de son chiffre d'affaires. Outre-Atlantique, la croissance de la principale enseigne Food Lion a aussi pâti de la concurrence et de l'impact de la hausse des prix pétroliers sur le portefeuille des consommateurs. Résultat des courses: les bénéfices du groupe au 2e trimestre ont été inférieurs aux propres prévisions de Delhaize. Mais, contrairement à la Belgique, les ventes s'améliorent aux Etats-Unis depuis juin.

Sur la base de cette tendance positive et de la contribution des acquisitions et des ouvertures de magasins prévues d'ici la fin de l'année (98 au total en 2005, dont 30 en Belgique), Delhaize a confirmé ses prévisions pour 2005: une hausse des ventes de 3,5 à 4,5pc et du bénéfice net de 15 à 20pc.

© La Libre Belgique 2005