Bonne nouvelle! La Belgique se hisse de la 9 éme à la 4e place dans le top 20 des pays européens les plus attractifs en matière d'investissements étrangers. Il faut toutefois y ajouter un double bémol. La création d'emplois reste bien inférieure à la moyenne européenne et la Belgique attire surtout des projets d'extension, moins de nouveaux projets porteurs de croissance.

Selon le baromètre de l'attractivité publié par le bureau de consultance Ernst&Young, la Belgique a attiré 180 investissements étrangers sur un total de 3 066 en Europe (5,9 pc de part de marché) en 2005, contre 107 sur un total de 2 885 (3,7 pc) en 2004. Seuls le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne dépassent la Belgique. A noter que la Flandre attire 61 pc des investissements étrangers, la Wallonie 21 pc et Bruxelles 18 pc.

Plus de 38 pc des projets d'investissement étrangers portent ainsi sur l'élargissement d'activités existantes. Le nombre d'investissements dans des projets nouveaux en dehors des centres urbains -les projets «greenfields»- n'est que de 58 pc. Il s'agit du score le plus bas en Europe. La moyenne tourne en effet autour de 71 pc d'investissements «greenfields» contre 23 pc d'investissements d'expansion.

Par ailleurs, un nouveau projet d'investissement en Belgique engendre en moyenne 47 nouveaux emplois, soit 50 pc de moins que la moyenne européenne (95). Selon Ernst&Young, cela confirme une fois de plus que le coût salarial élevé en Belgique reste, avec la forte pression fiscale, un handicap concurrentiel important.

Selon les chefs d'entreprise interrogés, le maître atout de la Belgique réside toujours dans la qualité de son infrastructure en matières de transport, de logistique et de télécommunications. L'aéroport de Bruxelles-National est ainsi un argument plus important que la présence des institutions européennes. Ils apprécient aussi, notamment, la qualité de vie, la stabilité du cadre politique ainsi que la culture et les valeurs de notre pays.

Le professeur Slauwaegen (KUL), chargé d'évaluer les résultats de l'étude, souligne que notre pays attire de nombreux investisseurs étrangers parce qu'il ne possède presque plus aucune entreprise propre. «La Belgique a pratiquement été vendue dans son intégralité», conclut-il. Et de plaider pour «une vision globale» destinée à attirer les investisseurs...

© La Libre Belgique 2006