Le baromètre 2017 de la société de l’information épingle certains progrès, mais surtout les défis à relever.

Société de l’information, technologies de l’information et de la communication (Tic), numérisation… Peu importe le terme utilisé pour désigner un mouvement qui s’impose désormais à tous : la société belge, comme toutes les autres, se transforme à un rythme effréné sous l’effet de la numérisation. Vouloir s’extraire de cette révolution serait un leurre; il convient, au contraire, d’y prendre part activement, au risque de voir la Belgique décrocher - économiquement et socialement - des pays qui nous devancent déjà ou sont en train de nous rattraper.

C’est, en substance, le message délivré hier par le ministre de l’Agenda numérique, Alexander De Croo (Open VLD), lors de la présentation du "Baromètre de la société de l’information 2017" du SPF Economie (1). Au printemps 2015, M. De Croo avait initié le plan "Digital Belgium", dont l’un des objectifs est de grimper sur le podium du classement européen du "Digital Economy and Society Index" (Desi) à l’horizon de 2020. Le baromètre du SPF Economie permet précisément de dresser un état des lieux de la Belgique numérique et de jauger ses progrès au regard des vingt-sept autres Etats membres de l’Union européenne (UE).

1 La Belgique rétrograde, mais elle reste dans le peloton de tête

Voilà ce qui se passe quand vous progressez moins vite que les autres ! Avec un score global de 0,61 (contre 0,58 en 2016), la Belgique est passée de la 5e à la 6e place au classement "Desi 2017". Soyons toutefois rassurés : notre pays fait toujours partie des neuf meilleurs élèves de la classe (voir infographie). Ses points forts demeurent l’excellence de ses infrastructures de télécommunications (avec une place de numéro 1 pour l’Internet rapide) et la bonne intégration des technologies numériques dans les entreprises. En revanche, la Belgique n’est que 23e sur 28 pour le taux de pénétration de l’Internet mobile à haut débit. Autre grosse faiblesse belge : la numérisation des services publics dans leurs relations avec la population et les entreprises (13e sur 28). A cet égard, Alexander De Croo entend bien ne pas rester inactif. Après la récente initiative "Itsme" (liant la carte d’identité électronique des utilisateurs à leur smartphone), il veut avancer en matière de "mobilité intelligente". "En concertation avec le ministre Bellot, nous allons construire une base de données ouverte aux développeurs. Cela permettra de créer des applications capables d’optimiser, en temps réel, les trajets de la population en fonction des modes de transport."

2 Ultraconnectée, la Belgique a encore du pain sur la planche

Si la Belgique n’a pas à rougir dans plusieurs domaines de la numérisation, il reste du chemin à parcourir dans plusieurs autres. Les Belges sont, par exemple, clairement à la traîne en matière de commerce en ligne et d’utilisation des services des plateformes collaboratives (voir notre infographie). "La loi sur l’économie collaborative est entrée en vigueur en mars dernier et 18 000 personnes utilisent déjà le système (qui prévoit un prélèvement de 10 % des revenus à la source, NdlR)", a tenu à préciser le ministre De Croo. La "fracture numérique" - mesurée par le pourcentage d’individus n’ayant jamais utilisé Internet - reste encore supérieure à 10 %, avec des niveaux plus élevés chez les femmes et les plus précarisés. En matière de compétences numériques, les résultats sont globalement positifs, que ce soit pour les compétences de base ou plus avancées. A cet égard, l’enjeu réside surtout dans la difficulté croissante des entreprises belges à recruter des spécialistes des "Tic". Alors qu’elles n’étaient "que" 46 %, en 2015, à avoir connu des difficultés dans le recrutement de tels profils, elles étaient 59 % en 2016 !

(1) http://economie.fgov.be/

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