La Sabca renforce son partenariat industriel avec Ariane Group grâce aux nouveaux lanceurs Ariane 6.

La Sabca vient de signer, ce mardi, un contrat d’exploitation avec Ariane Group et fait participer la Belgique dans la confection du lanceur de dernière génération Ariane 6. C’est la première signature de contrat avec un partenaire historique d’Ariane Group pour ce projet. "Ceci confirme la présence de Sabca sur Ariane 6, aussi bien en développement qu’en exploitation. Le soutien politique a été primordial pour participer aux projets européens et sera très bénéfique pour l’industrie belge", déclare Thibauld Jongen, CEO de la Sabca. Le contrat porte sur la fourniture de systèmes d’actuation des tuyères. En clair, ce sont les éléments – indispensables - qui permettent aux fusées d’orienter la poussée et donc de la diriger.

La signature du contrat sur le site d’ArianeGroup, près de Paris (Les Mureaux), a été faite en présence du ministre du Budget David Clarinval (MR).

"Fort et symbolique"

"On ne peut que se réjouir que ce savoir-faire soit reconnu et que le premier contrat soit fait avec une entreprise belge. C’est fort et symbolique", a d’ailleurs déclaré le ministre peu de temps après que les différentes parties lâchent les stylos venus parapher les engagements.

Ca l’est d’autant plus que la Sabca a récemment été vendue par Dassault, propriétaire de l’entreprise depuis les années 1960, pour tomber dans le giron de la SFPI, le holding public d’investissement belge, et Sabena Aerospace. Montant de l’opération : 74,5 millions d’euros. Le tout est désormais réuni sous un même nom, Blueberry, même si chaque entreprise conserve son identité propre.

Diversification industrielle belge

La Sabca était déjà présente dans Ariane 5 mais le programme Ariane 6 vise à lancer beaucoup plus de fusées, ne serait-ce de par la multiplication d’envois de satellites de communication ou de micro-satellites. C’est ce qui permettra à l’entreprise belge de maintenir sa diversification dans ses sources de revenus. Indispensable. Pourquoi ? Parce qu’actuellement, environ 50% de son chiffre d’affaires est issu de l’aéronautique civile, secteur très impacté par les effets du Covid-19. Les filières spatiale et militaire sont donc salvatrices.

"Cette diversification nous permet d’être assez résilient face à cette crise provoquée par le coronavirus. Surtout qu’on ne sait pas encore si elle s’inscrira dans le temps pour ce qui est de l’aviation civile… mais c’est probable", admet Thibauld Jongen, qui se montre tout de même confiant. La Sabca espère un retour financier d’environ de 30 millions d’euros par an une fois que le programme Ariane 6 atteindra sa vitesse de croisière. Le premier lancement d’Ariane 6 est prévu pour 2021, en léger décalage avec ce qui était initialement prévu car il s’agissait d’un lancement commercial, avec comme client OneWeb, qui a récemment fait faillite. Mais l’entreprise qui veut concurrencer les satellites Starlink de SpaceX a déjà trouvé un repreneur, ou plutôt plusieurs, puisque le Royaume-Uni et le groupe indien Bharti Global ont mis chacun 500 millions de dollars sur la table pour s’en emparer. Pas de quoi effrayer Ariane Group donc qui reste confiant dans le bon déroulement de la mission en 2021.

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