La Belgique se maintient dans le classement international de l'indice de perception de la corruption, en fermant le top 15 des pays où l'administration publique est la plus transparente. 

En publiant son rapport 2015 mercredi, l'ONG Transparency International rappelle que plus de 6 milliards de personnes vivent dans un pays où la corruption est un problème grave. Deux tiers des 168 pays analysés par l'ONG sont "perçus comme fortement corrompu", en obtenant une note inférieure à 50 sur une échelle de 0 à 100 dans l'indice de perception de corruption dans le secteur publique. Une faible note signale un recours systématique au pots-de-vin, à l'impunité des cas de corruption et une inadéquation entre les prestations de l'administration public et les besoins de la population, rappelle Transparency International.

La Belgique est classée 15éme dans le classement avec 77 points, et se maintient par rapport à l'année passée. Les pays nordiques restent en tête en 2015 encore, le Danemark (91 points) dominant le classement pour la deuxième année consécutive, suivi par la Finlande (90) et Suède (89).

Ces pays combinent des caractéristiques clés de liberté de la presse, d'accès aux informations budgétaires, d'intégrité des élus et de systèmes judiciaires équitables et indépendants.

Toutefois, ces traits sont rares dans une majorité de pays, et plus encore en Corée du Nord (8 points) et en Somalie (8), qui se partagent la dernière place, précédé par l'Afghanistan (11), le Soudan (12), et le Sud Soudan (15), tous marqués par des conflits.

Le Brésil (76eme) connait la plus forte chute dans le classement, perdant 7 places, suite au scandale pétrolier Petrobras.

En Europe, l'experte Anne Koch note que la corruption reste "un défi sérieux", et pointe particulièrement les mauvais élèves hongrois (50eme) et polonais (30eme) dont les politiciens prennent de plus en plus en otage les institutions "pour affirmer leur pouvoir". Une tendance "inquiétante" qui n'épargne pas non plus les pays des Balkans, poursuit la directrice de l'ONG pour la région.

Transparency International note toutefois une progression significative en Grèce (58eme) surtout, mais aussi en Autriche (16eme), République Tchèque (37eme), Slovaquie (50eme) et Royaume-Uni (10eme).

"La corruption peut être éliminée si nous oeuvrons tous ensemble. Pour éradiquer les abus de pouvoir et les pots-de-vin et faire la lumière sur les accords secrets, les citoyens doivent, ensemble, dire à leurs gouvernements que cela suffit", encourage le président de l'agence basée à Berlin, José Ugaz. C'est pourquoi l'association lance la campagne "Unmask the corrupt" invitant le grand public à voter pour connaitre des cas précis et symboliques de corruption qui nécessitent d'agir.