Le commerce pèse lourd dans l'économie belge. Avec 11,6 pc du PIB (produit intérieur brut), le secteur de la distribution en Belgique y est plus important que dans les pays voisins (9,5 pc en France et 11,3 pc aux Pays-Bas). Il compte 90 000 magasins et emploie 10 pc de la population active, soit 400 000 salariés et indépendants. Autant d'indicateurs censés faire de la petite Belgique un "paradis commercial". Mais, d'après la Fedis, la Fédération belge de la distribution, "ce statut est menacé" par une série de problèmes tels que des charges salariales trop élevées, des taxes environnementales uniques en Europe, etc. Aussi, et c'est de bonne guerre à l'approche des élections législatives, l'organisation patronale a rédigé son mémorandum.

"Le coût salarial horaire d'une caissière belge est 25 pc plus élevé que celui d'une caissière française. Et pourtant, cette dernière touche un salaire net plus élevé. Le coin salarial (NdlR : la différence entre ce qu'un travailleur coûte et ce qu'il gagne) est l'un des plus élevés d'Europe", relève Baudouin Velge, le directeur général de la Fedis. Plutôt que des allégements de charges dirigés sur des groupes cibles, la Fedis revendique une réduction générale des charges salariales qui "stimulerait l'emploi dans le commerce".

Autres soucis des distributeurs : le taux de TVA, encore "l'un des plus élevés d'Europe",et la fameuse cotisation d'emballage de boissons. Cette écotaxe, selon M. Velge, "passe à côté de son objectif environnemental puisque le consommateur n'a pas augmenté ses achats de boissons réutilisables". La seule conséquence est économique et dommageable pour les commerçants belges : les achats transfrontaliers ont augmenté de 47 pc entre 2002 et 2006. "Une famille sur quatre fait régulièrement des achats au-delà des frontières belges." La Fedis s'oppose en outre à la taxe CO2 généralisée sur tous les emballages (sauf ceux en papier et carton) sur laquelle planchait le gouvernement lundi (lire en page 5). "L'impact des emballages sur les émissions de CO2 est inférieur à 1 pc des émissions totales de CO2 en Belgique", argumente la Fedis.

Tarifs en hausse

Enfin, les distributeurs s'inquiètent de l'introduction, en 2008, du Sepa (le système de paiement européen unifié). "Toutes les banques belges ont décidé de passer au système de paiement Maestro de MasterCard", rappelle le directeur de la Fedis. Or, les tarifs annoncés par MasterCard risquent de rendre les paiements par carte électronique hors de prix. Selon les calculs de la Fedis, avec le Sepa, le coût de la transaction pour un paiement électronique moyen augmentera de 250 pc pour les commerçants belges. "Certains petits commerçants qui trouvent déjà les tarifs Bancontact trop chers risquent de renoncer aux paiements électroniques avec un danger pour la sécurité publique. On compte sur le soutien du gouvernement pour inciter les banquiers à ouvrir la concurrence pour faire baisser les tarifs et les ramener à ceux de Bancontact, sans quoi on introduira une plainte devant le conseil de la concurrence", prévient Baudouin Velge.