La bonne santé de l'économie mondiale et les risques liés aux prix du pétrole seront au coeur des discussions du G7 Finances, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale qui se réunissent cette semaine à Washington. La réunion des ministres des Finances du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon) se tiendra vendredi et celles du FMI et de la BM samedi et dimanche.

Le FMI publiera dès mercredi ses prévisions actualisées de croissance pour l'ensemble du monde. Il devrait augmenter légèrement celle de 4,3% faite en septembre dernier pour la porter autour de 5%. "L'économie mondiale s'est remarquablement bien comportée ces deux dernières années", a souligné récemment Raghuram Rajan, conseiller économique en chef du FMI. Le FMI a toutefois mis en garde contre les conséquences négatives de la flambée des prix du pétrole, qui ont dépassé la semaine dernière les 70 dollars le baril. Non seulement cela va alourdir la facture énergétique des pays consommateurs mais le placement des revenus supplémentaires dégagés par les pays producteurs pourrait menacer le fragile équilibre financier mondial.

"Le réinvestissement des pétrodollars sur le marché international des capitaux aide à maintenir les taux d'intérêts à un bas niveau aux Etats-Unis, contribuant ainsi à faire augmenter le déficit des paiements courants en encourageant la consommation", a constaté le FMI dans un chapitre de son rapport sur les perspectives économiques mondiales publié avant les réunions de printemps. Mais plus ce déficit s'accroît, plus les risques d'une baisse du dollar augmentent "ce qui pousserait les taux d'intérêt américains de manière significative à la hausse et conduirait éventuellement à une récession", avertit le Fonds.

Le G7 devrait également débattre du sujet alors que les tensions avec l'Iran -le quatrième producteur mondial de pétrole- concernant le programme nucléaire de Téhéran ne font pas entrevoir de baisse prochaine des prix de l'or noir. La hausse du prix du brut sur les deux dernières années "a pour l'instant eu un effet moins nocif sur l'économie mondiale qu'il y a 20 ans", a toutefois constaté la semaine dernière Thomas Mirow, secrétaire d'Etat au ministère allemand des Finances, lors d'un point de presse sur le G7. D'autres pays souhaitent discuter au G7 des propositions de la Banque mondiale pour développer les énergies propres dans les pays en développement.

La demande d'énergie de pays comme la Chine et l'Inde est un autre facteur haussier pour les prix du pétrole et fait craindre une aggravation du réchauffement de la planète. La réunion du G7 coïncidera avec la visite à Washington du président chinois Hu Jintao qui va être reçu par son homologue américain George W. Bush jeudi. Ce dernier a fait part de son souhait de voir le dirigeant chinois s'engager sur le sujet de la réévaluation du yuan que Washington appelle de ses voeux pour tenter de réduire son colossal déficit commercial avec Pékin.

Le poids grandissant de la Chine sur la scène économique internationale sera également à l'ordre du jour des discussions du FMI sur la réforme des quote-parts. Le directeur-général du Fonds, l'espagnol Rodrigo Rato, veut donner une représentation plus large aux pays émergents mais cela passe par une réforme du complexe système des quote-parts entre pays membres du FMI qui régissent leur niveau de représentation et d'influence.

Il souhaite recevoir un mandat pour présenter un projet de réforme lors de l'assemblée annuelle de l'institution monétaire à Singapour en septembre mais les pays de l'Union européenne ne veulent pas que cela se traduise par une dilution de leur propre poids.