Après Deutsche Börse et Macquarie Bank, le Nasdaq a renoncé cette semaine à racheter le London Stock Exchange (LSE), posant une nouvelle fois la question de l'avenir de ce dernier face aux perspectives de consolidation du secteur.

Deux cas de figure sont envisagés par les analystes: une nouvelle OPA, émanant cette fois du New York Stock Exchange, ou une transformation de la Bourse de Londres de proie en prédateur, avec un rachat de l'opérateur nordique OMX, qui regroupe la plupart des places scandinaves et baltes. Les partisans d'un marché financier transatlantique, qui profiterait aux fonds d'investissement et aux grandes banques d'affaires, affirment que la City aurait tort de tourner le dos à Wall Street. Certes, disent-ils, Londres attire désormais, davantage que New York, les introductions en Bourse, grâce à une régulation plus souple et à une internationalisation croissante de ses marchés, que rejoignent des entreprises de Russie, du Proche-Orient et de l'Asie. Mais la Bourse américaine reste plus importante en termes de capitalisation et de volumes d'échanges, et le coût des transactions demeure trop élevé en Europe par rapport aux Etats-Unis.

Selon Peter Weinberg, ancien directeur général de Goldman Sachs International, une fusion transatlantique serait «la meilleure solution» pour le LSE, car elle renforcerait le succès d'un marché déjà attractif en le rendant moins cher. «Espérons que le Royaume-Uni ne tombera pas dans le piège de croire qu'il faut un champion national pour le Square Mile» (surnom de la City), a-t-il lancé jeudi dans une tribune publiée par le Financial Times. «Ce qui est bon pour les investisseurs est bon pour Londres.» Le LSE, cependant, n'a pas été le dernier à afficher sa volonté d'indépendance, rejetant avec dédain les offres de Deutsche Börse, de Macquarie et du Nasdaq. Ces trois OPA en quinze mois, quatre si l'on ajoute les intentions affichées un temps par Euronext, ont plus que triplé la valeur de la Bourse de Londres, à près de quatre milliards d'euros, et Clara Furse, sa directrice générale, claironne régulièrement qu'elle a les moyens de poursuivre, seule, sa croissance.

Reste que la pression commence à se faire sentir pour que le LSE dévoile une stratégie, alors qu'Euronext et Deutsche Börse discutent, à leur tour, d'une fusion. (AFP)

© La Libre Belgique 2006