La présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, s'était dite jeudi "optimiste" de pouvoir faire voter la loi lors de ce débat qui s'est ouvert peu après 09H00 locales (13H00 GMT) et devait durer 90 minutes. Le plan du secrétaire au Trésor, Henry Paulson, spectaculairement rejeté lundi par les Représentants, a pour but d'assainir les institutions financières fragilisées par la crise immobilière.

A Tokyo, dans l'attente du vote, la Bourse a terminé la séance de vendredi en forte baisse de 1,94%, à son plus bas niveau en plus de trois ans. La Bourse de New York a en revanche ouvert en hausse vendredi: le Dow Jones gagnait 0,43% et le Nasdaq 1,48%.

Lundi, 133 Républicains et 65 Démocrates s'étaient opposés au plan, baptisé "Loi de stabilisation économique d'urgence 2008", faisant plonger les marchés. Mais jeudi, plusieurs élus des deux camps ont annoncé qu'ils se ralliaient aux mesures préconisées par le secrétaire au Trésor, un revirement qui semble éclaircir l'horizon. Le plan qui leur est proposé vendredi est nouvelle mouture amendée après son passage au Sénat, qui ajoute quelque 150 milliards de crédits d'impôts et autres aides diverses aux 700 milliards de dollars de ressources accordées au Trésor pour stabiliser le système financier. Les premiers représentants qui se sont exprimés au cours du débat ont néanmoins fait part de leurs critiques.

Le représentant républicain Joe Wilson, qui avait voté pour le plan lundi, a estimé que la Chambre allait voter "une loi qui représente une option imparfaite et une situation terrible". "J'espère que le Congrès ne va pas tromper les gens en affirmant que cette loi résout l'ensemble du problème, parce que ce n'est pas le cas", a-t-il averti. "Les mauvaises pratiques en matière de prêts, la mauvaise gestion des entreprises financières et le manque de surveillance du gouvernement fédéral depuis des décennies ne sont pas résolus aujourd'hui", a-t-il souligné.

Le représentant démocrate Dennis Kucinich, qui s'était opposé au plan, s'est demandé "pourquoi on n'envisage pas de laisser Wall Street résoudre ses propres problèmes". "Pourquoi n'utilisons-nous pas l'argent pour sauver des millions de propriétaires, pourquoi n'empêchons-nous pas les spéculateurs d'agir?", a-t-il demandé. "Je ne suis pas la seule à penser que le Congrès s'apprête à faire aujourd'hui quelque chose qui aura de grandes, grandes conséquences sur le pays", a résumé la représentante républicaine Virginia Foxx.