L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui réunit les principaux pays développés de notre planète, a publié une étude sur les perspectives économiques mondiales à très long terme. L’OCDE évalue les principaux changements qui interviendront d’ici 2060, soit dans 48 ans. Selon l’OCDE, "une fois liquidé l’héritage de la crise financière, le PIB global pourrait croître d’environ 3 % par an au cours des 50 prochaines années". Un scénario plus favorable tenant compte de réformes structurelles importantes permettrait de gagner 0,3 % de croissance en moyenne chaque année (voir ci-dessous). "Aucune de ces prévisions n’est gravée dans le marbre, a expliqué Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE. Nous savons que de profondes réformes structurelles peuvent accélérer la croissance et relever les niveaux de vie à long terme".

L’étude de l’OCDE pointe, sans surprise, que d’importantes différences entre les pays et les régions devraient subsister en termes de croissance. Cela aura évidemment un impact sur les forces économiques en présence. Selon les projections, le PIB de la Chine devrait dépasser celui de la zone euro en 2012 ainsi que celui des Etats-Unis dès 2016. En outre, le PIB combiné de l’Inde et de la Chine dépassera en 2025 celui de l’ensemble des pays du G7 (Etats-Unis, Japon, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Canada). Et d’ici 2060, c’est l’ensemble des pays de l’OCDE (34 pays dont les Etats-Unis, le Japon, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni ) que la Chine et l’Inde dépasseront.

Bien que les pays émergents soient considérés comme les futurs moteurs de l’économie mondiale, leurs taux de croissance vont finalement ralentir et converger vers ceux de la zone OCDE. Ainsi, l’organisation internationale prévoit une progression du PIB chinois de 6,6 % sur la période 2011-2030, avant un ralentissement à 2,3 % sur la période 2030-2060. Sur la période de 2011-2060, la croissance de l’Empire du milieu ne devrait être que de 4 %. Portée par une démographie plus favorable, l’Inde devrait encore progresser de 5,2 % sur la même période.

En dépit d’une croissance plus rapide dans les pays pauvres et émergents, de grands écarts de richesse subsisteront toujours avec les pays développés en 2060. Selon l’OCDE, le revenu par personne va quadrupler dans les pays pauvres et septupler en Chine et en Inde. Malgré cette croissance importante, le niveau de vie de ces pays ne représentera que 25 à 60 % de celui des pays riches.

La progression du PIB des pays pauvres et émergents s’explique en partie par une démographie plus favorable. En effet, le classement des économies en fonction du PIB par habitant devrait rester à peu près inchangé dans le futur. Au cours des 50 prochaines années, la croissance moyenne par personne des pays non membres de l’OCDE devrait s’élever à 3 %, contre 1,7 % pour les pays membres de l’OCDE.

L’étude pointe également la diminution du taux d’épargne de 0,5 % dans les pays de l’OCDE en raison d’une augmentation de la dépendance des jeunes et des personnes âgées. En revanche, l’Inde et la Chine devraient voir leurs poids dans l’épargne mondiale augmenter. La Chine devrait enregistrer une progression de son épargne privée de 4 % par rapport à son PIB.