Une conférence de presse comme celle d'Airbus, mercredi à Paris, a toujours des allures barnumesques, et rassemble des journalistes du monde entier. Mais la présence de la télévision chinoise n'est pas passée inaperçue. Avec l'Inde, où l'avionneur européen compte investir au moins un milliard de dollars d'ici 10 ans, et dont 1 100 commandes d'avions sont attendues sur 20 ans, la Chine est l'un des principaux moteurs de l'industrie aéronautique : ses flottes d'avions pourraient quadrupler en 20 ans. Comme l'a rappelé Louis Gallois, "nous avons un lien étroit avec l'industrie chinoise", soulignant qu'au travers d'EADS, maison-mère d'Airbus, la coopération dans la fabrication d'hélicoptères est déjà une vieille histoire, et qu'on en est maintenant à des partenariats de développement. Mais au niveau des avions commerciaux, Airbus n'occupe actuellement qu'un tiers du marché chinois face à Boeing. Raison pour laquelle l'avionneur européen a décidé de faire monter la Chine dans le nouveau programme A350, à raison de 5 pc minimum. En octobre dernier, lors de la visite du président français Jacques Chirac dans ce pays qui compte construire... 50 nouveaux aéroports d'ici 2010, a été décidé, en même temps que l'achat de 150 aéronefs, l'installation du premier site d'assemblage final d'Airbus hors Europe. Implantée à Tianjin, à l'Est de Pékin, l'usine produira, à partir de 2009, des appareils de la famille A320, très prisée par les compagnies à bas coût. A terme, l'objectif est d'en sortir quatre avions par mois, "pour le marché chinois, mais pas seulement", a précisé M. Gallois avant de conclure : "Oui, la Chine devient l'un de nos plus importants partenaires"