Un pionnier 

Microsoft, qui compte quelque 6.200 employés en Chine, a fait ses débuts en 1992 sur l'immense marché du pays asiatique.

Le groupe fondé par Bill Gates y possède aujourd'hui son plus grand centre de recherche et développement hors des Etats-Unis.

Son logiciel Windows équipe l'immense majorité des ordinateurs en Chine malgré la volonté affichée de Pékin ces dernières années de développer son propre système d'exploitation. Un succès qui a cependant un revers: les nombreuses versions piratées ont longtemps constitué un lourd manque à gagner pour la firme américaine.

L'important marché chinois -- très restrictif pour les firmes étrangères -- ne représente toutefois qu'une goutte d'eau dans le chiffre d'affaires de Microsoft: à peine 1,8% du total, assurait en début d'année son président, Brad Smith.

Bill Gates 

Le fondateur de Microsoft a longtemps incarné un modèle de réussite aux yeux de nombreux Chinois et ses livres sont des best-sellers dans le pays asiatique.

Aujourd'hui à la tête de sa fondation humanitaire Bill & Melinda Gates, Bill Gates a le prestige d'un chef d'Etat à Pékin.

En janvier, le président Xi Jinping l'avait remercié pour son soutien face à l'épidémie de nouveau coronavirus.

Bing et LinkedIn 

Au nom de la stabilité, la Chine censure tous les sujets considérés comme politiquement sensibles et les géants de l'internet sont priés de bloquer en ligne les contenus indésirables.

Refusant de se plier aux exigences de Pékin, les réseaux sociaux américains Facebook, Twitter, Instagram et YouTube, l'encyclopédie participative Wikipédia et de multiples médias étrangers sont totalement bloqués en Chine par une "grande muraille informatique" érigée par les censeurs du régime.

Malgré tout, Microsoft peut offrir dans le pays son réseau professionnel LinkedIn en se pliant, par le biais d'une coentreprise locale, aux règles draconiennes de censure.

Bing, développé par Microsoft, est aussi l'un des rares moteurs de recherche étrangers à ne pas être bloqué en Chine -- bien qu'il soit très largement devancé par ses concurrents locaux Baidu et Sogou.

Le site Greatfire.org, qui suit la censure en ligne en Chine, accusait il y a quelques années Bing d'expurger les requêtes contenant des informations sensibles pour le pouvoir communiste.

Jeux vidéo 

En 2014, Microsoft a été la première firme étrangère à réinvestir le marché des jeux vidéo en Chine avec sa console Xbox One.

En l'an 2000, Pékin avait suspendu la vente de toutes les consoles en raison de leurs présumés effets négatifs sur "la santé mentale" des jeunes utilisateurs, même si celles-ci restaient disponibles de façon illégale.

Dans le collimateur 

En 2014 toujours, les autorités chinoises de la concurrence avaient ouvert une enquête antimonopole contre Microsoft et son omniprésent système d'exploitation Windows.

Une centaine d'inspecteurs avaient perquisitionné les bureaux du groupe dans quatre villes de Chine, y confisquant des dossiers et y interrogeant des salariés.