Le chassé-croisé des plaintes se poursuit dans le ciel belge. Après avoir attaqué la Belgique pour son plan d’aide aux compagnies nationales, Ryanair se trouve désormais convoqué au tribunal de commerce de Bruxelles par ces dernières qui l’accusent de "concurrence déloyale" . Les conséquences pourraient être lourdes pour la compagnie de Michael O’Leary : si la Justice donne raison aux compagnies belges, Ryanair pourrait être interdite de vol depuis l’aéroport de Bruxelles-National. L’échange de conclusions va débuter dans les prochains jours, mais les plaidoiries n’auront lieu que le 3 septembre au tribunal de commerce de Bruxelles.

En fait, la plainte provient de BATA (Belgian Air Transport Association) qui regroupe les principales compagnies belges (Brussels Airlines, Jetairfly, Thomas Cook Belgium). Tout est parti de l’arrivée de la compagnie low cost irlandaise à l’aéroport de Bruxelles-National en février dernier. Cette venue a été très mal perçue par les transporteurs belges présents à Zaventem, qui ont rapidement dénoncé "une concurrence déloyale" de Ryanair. Une plainte commune a été déposée dans la foulée.

Ryanair voulait-elle devenir une compagnie belge ?

Les compagnies reprochent à Ryanair d’utiliser sur ces deux bases belges (Zaventem et Charleroi), des employés "qui paient leurs cotisations sociales et leurs impôts en Irlande, pays largement plus avantageux fiscalement" . "Je ne veux pas faire le débat dans la presse car le dossier est sensible et c’est au tribunal de trancher , explique Filip Tilleman, l’avocat des plaignants. Mais notre point de vue est très simple : quand on travaille en Belgique, quand on engage des gens en Belgique, on doit respecter le droit du travail belge. Ce n’est pas parce qu’on a un siège social dans un autre pays qu’on peut se permettre d’être au-dessus des lois. Ryanair n’est pas au-dessus des lois."

Les compagnies belges ont ainsi jugé comme "une provocation" la récente demande de Ryanair d’intégrer leur association. Selon les compagnies belges, Ryanair est dans une autre catégorie, avec ses coûts salariaux "très bas" par rapport à des transporteurs "qui respectent le droit" . "La compagnie échappe aux coûts salariaux élevés belges, à l’indexation automatique des salaires, aux coûts importants en cas de licenciement du personnel , expliquent les compagnies. Par exemple, un employé de quatre à cinq ans d’ancienneté a droit à un préavis de quinze semaines en Belgique en cas de licenciement, contre deux semaines en Irlande."