Le marché belge des télécoms évolue selon un modèle désormais connu : lorsque le leader a dévoilé ses batteries et sorti sa grille tarifaire, les concurrents alignent leur politique et proposent des tarifs légèrement inférieurs. Quelques mois plus tard, le leader du marché, en l’occurrence, chez nous, Belgacom, trouve une parade en proposant un peu plus pour le même prix ou un peu mieux, avant de se voir rattrapé par Mobistar, Base et les opérateurs alternatifs. Avec pour activer le mouvement des interventions périodiques des associations de consommateurs, des pouvoirs publics et de la Commission.

En matière de 4G, c’est exactement ce à quoi on assiste pour le moment : on laisse Belgacom essuyer les plâtres et on prépare une réplique.

Pourtant, Mobistar a déjà planté ses jalons en déployant un réseau 4G à Anvers, après une première expérience à Luxembourg où Mobistar opère via sa filiale Orange Luxembourg. Certes, il s’agit d’un réseau destiné à tester le marché, mais au travers d’émetteurs implantés en toute conformité avec la réglementation locale. Bref, on s’attend donc à ce que Mobistar dévoile à terme une offre propre avec une présence sur laquelle le principal concurrent de Belgacom a préféré jusqu’ici tenir le secret.

Chez Mobistar toutefois, on considère qu’il est encore un peu tôt pour dévoiler sa stratégie. "Depuis le déploiement de notre site test à Anvers en septembre dernier, certains clients tant résidentiels que professionnels testent les possibilités offertes par ce réseau ultrarapide. Les premiers résultats de ces tests sont encourageants. Le déploiement de la 4G dans d’autres parties du pays et le lancement commercial des offres 4G sont prévus pour 2013" , se contente-t-on d’expliquer. En juillet dernier, Jean Marc Harion, le patron de Mobistar, avait assuré que son entreprise déploierait 600 sites supplémentaires dédiés à la 4G. Où, quand ? Il s’agit là de données hautement stratégiques A propos desquelles Base qui dispose aussi d’une licence 4G et d’un réseau propre, préfère aussi conserver une certaine discrétion. Ici, le principe est d’être le moins cher du marché. Impossible dès lors d’agir avant les poids lourds du secteur.

La 4G est-elle toutefois un must ? D’abord, il faut disposer de machines - smartphones, tablettes ou modems compatibles - et ce n’est pas encore le cas : les smartphones permettant d’accéder au réseau 4G belge (il existe différentes normes dans le monde) ne courent pas les devantures des boutiques spécialisées.

Pour Thomas Wallemacq, spécialiste de la question pour la société Astel (www.astel.be), "il faut savoir aussi que la 4G c’est avant tout une évolution de la 3G. La 4G offre un potentiel aux professionnels à la recherche de rapidité et de volume. Mais vous l’avez vu dans l’offre de Belgacom, "les hyperconnectés" sont également visés au travers d’une offre qui vise principalement un public jeune. Et, pour revenir aux professionnels, il faut noter que la 4G propose certes un taux de téléchargement intéressant, mais surtout un taux "d’upload" supérieur à ce qui se fait actuellement. Et cela intéresse bien sûr les professionnels" .

Pour le solde, les différents systèmes cohabitent, sont parfaitement intégrés et surtout, permettent de répondre à une demande d’accès aux données en constante croissance. La 4G, c’est donc avant tout un outil propre à aider les opérateurs.