Ils se nomment Virgin Galactic, Space Expedition Corporation, Orbital Sciences, Space Adventures, Bigelow Aerospace, Spaceport Sweden, Blue Origin, XCOR Aerospace ou encore S3. "Ils", ce sont les opérateurs qui se lancent dans cette course de l’espace, dans cette conquête d’une nouvelle frontière technologique et humaine : le tourisme spatial. 

Pas facile de faire le tri entre les initiatives crédibles et celles émanant de doux rêveurs, voire carrément de fumistes. Les opérateurs les plus avancés semblent à ce jour être Virgin Galactic du milliardaire britannique Richard Branson et XCOR. "Je ne serais pas étonné si l’un des deux annonçait dans une fourchette de six mois à deux ans un vrai vol de démonstration" , nous explique Marc Alban, spécialiste en aéronautique et qui a créé l’Institut européen du tourisme spatial (www.spaceinstitut.com). 

Aujourd’hui, deux conceptions industrielles s’affrontent. "Il y a une conception classique d’une fusée qui va mettre une capsule habitée sur une trajectoire suborbitale, capsule qui sera récupérée ensuite à la manière d’Apollo avec des parachutes. L’autre option est celle du projet de Virgin : un avion porteur va jusqu’à une quinzaine de kilomètres d’altitude et porte une navette qui se détachera ensuite de l’avion et se propulsera jusqu’à une centaine de kilomètres, puis reviendra sur Terre à la manière d’un avion , explique Xavier Pasco, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. Qui ajoute : la deuxième technique est moins maîtrisée que la première. C’est cela qui fait la grandeur du projet de Virgin mais aussi sa nature risquée." 

 Alternative pour le candidat touriste spatial : monter à bord d’un ballon gonflé à l’hélium jusqu’à une trentaine de kilomètres d’altitude pour admirer la courbure de la Terre et l’obscurité de l’espace. La capsule, pressurisée, se détachera du ballon et reviendra au sol, freinée par un parachute. Une start-up, basée dans l’Arizona, propose cette offre. Coût : 75 000 dollars par personne pour deux heures de spectacle. 

Le modèle économique des opérateurs prévoit d’autres sources de revenus que le seul tourisme spatial, pas assez rentable au début, comme le lancement de petits satellites ou la possibilité de faire des expérimentations en apesanteur. Autre perspective : passer par les frontières de l’espace pour réduire le temps de vol d’un bout à l’autre de la planète. En Europe, EADS et Dassault planchent sur un avion suborbital. "Il faut absolument que l’Europe se mobilise pour créer cet avion suborbital et ne pas être à la remorque des Etats-Unis dans ce domaine qui reste inexploré aujourd’hui. Cette activité ne relève plus du fantasme. C’est déjà une réalité qui va générer de nombreux emplois" , ajoute Marc Alban. Message entendu ?