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Les choses vont mieux, bien mieux même. La fin annoncée de l’assouplissement de la politique monétaire aux Etats-Unis est plutôt une bonne nouvelle. "La Réserve fédérale ne mettrait pas un terme à cette politique si elle n’était pas confiante sur la reprise de l’économie", estime Erich Chaney, chef économiste du groupe Axa. La reprise dans le secteur immobilier est à cet égard un bon signe, de même que le retour de la capacité des ménages américains à emprunter à nouveau, et donc de consommer. Un premier bon point.

Et puis, il y a la Chine, dont la situation est encourageante, selon l’analyse d’Eric Chaney. Certes, l’Empire du Milieu n’enregistre-t-il plus les croissances insolentes du passé. Ce sont en fait les exportations qui souffrent. "Si l’économie chinoise ralentit à cause d’une stagnation des exportations alors que les importantions augmentent, c’est une bonne chose, parce que cela veut dire que la Chine exporte sa croissance chez ses voisins". L’évolution de la devise chinoise est également un point positif, selon le chef économiste d’Axa. "Si l’économie chinoise allait mal, pourquoi les autorités chinoises laisseraient-elles apprécier leur devise face au dollar ? Cela prouve que l’économie chinoise se porte bien". Encore un bon point pour la reprise globale.

Le Japon ? Eric Chaney reste positif. Voilà un peu plus d’une semaine, il avait rédigé une note très positive sur l’Empire du Soleil levant. Quelques heures plus tard, la Bourse de Tokyo plongeait de 7 % Un accident de parcours. La bonne nouvelle, c’est que le pays est en bonne voie pour sortir "du piège de la déflation" dans lequel il a longtemps été ferré.

Excès de confiance en zone euro

Reste l’Europe. C’est sans doute une autre paire de manches. Voilà un an, Eric Chaney faisait partie du camp des pessimistes, estimant, comme d’autres, à une chance sur trois la probabilité de voir la zone euro éclater. Il est aujourd’hui plus optimiste, avec une telle probabilité retombée à 15 %. C’est mieux, mais tout risque est loin d’avoir été écarté. "La crise de l’euro n’est pas terminée", estime-t-il. "Il y a un excès de confiance parce que la Banque centrale europénne (BCE) s’en est mêlée", allusion au filet de sécurité déployé depuis l’été dernier par la BCE. Il n’y a toutefois pas de quoi être sur un nuage. "Beaucoup de choses ont été faites", note-t-il. Il reste toutefois encore pas mal de choses à faire.

L’absence d’union bancaire est un premier sujet de préoccupation. Cela permettrait d’avoir une approche commune du secteur bancaire, qui n’est pas sorti d’affaire comme un seul homme.

Des banques sont encore sous-capitalisées. La conséquence ? "Des banques doivent prendre moins de risques alors qu’on leur demande de prêter à des acteurs plus risqués, comme les PME". La quadrature du cercle : l’absence de crédit, souligne Eric Chaney, est notamment liée à cette sous-capitalisation. Et sans crédits, pas d’investissements des entreprises, et donc d’engagements. La situation de la France est aussi inquiétante. "Va-t-elle rejoindre le club italo-espagnol ou l’Allemagne?", interroge Eric Chaney, tout en pointant l’une des faiblesses de l’Hexagone, à savoir un marché du travail trop rigide. Que va dire la population alors que la situation se dégrade ? Même question à propos de l’Italie, où le produit intérieur brut par habitant est au même point qu’en 1998, à la veille de la création de l’euro.