Même si on note un rebond sur le front des bourses, la crise financière de ces dernières semaines, née des difficultés rencontrées par le "subprime" (marché hypothécaire américain de mauvaise qualité), commence à faire des dégâts au niveau de l'économie mondiale et américaine en particulier.

La société de prêts hypothécaires Accredited Home Lenders a annoncé hier qu'elle allait supprimer plus de 60 pc de ses effectifs du fait des difficultés dans le secteur du "subprime". Au terme de la restructuration, elle n'aura plus que 1 000 employés environ contre 2 600 au 30 juin. Plus aucune demande de prêt ne sera acceptée, même si l'entreprise "continuera d'honorer ses engagements existants", a précisé Accredited dans un communiqué.

Selon une étude du cabinet Challenger, Gray and Christma publiée avant cette annonce, les sociétés financières américaines ont annoncé depuis le 1er août près de 21 000 suppressions d'emplois, dont 11 040 depuis vendredi dernier. La société de crédits hypothécaires First Magnus Financial, basée en Arizona, a annoncé mardi soir se mettre sous la protection de la loi sur les faillites (Chapitre 11), et licencié la quasi-totalité de ses quelque 6 000 salariés.

Des leçons à tirer

Il ne fait plus de doute que la tourmente que traversent actuellement les marchés financiers pèsera sur la croissance mondiale. John Lipsky, le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI) l'a dit dans un entretien sur le site internet du "Financial Times" sans toutefois préciser l'ampleur du ralentissement attendu. "On ne sait pas encore si le refroidissement va être conséquent ou modéré, et s'il va être temporaire ou plus durable" a-t-il dit. M. Lipsky a aussi estimé que les secousses actuelles devraient durer, en raison des incertitudes qu'elles font peser sur la croissance.

A ses yeux, "des leçons doivent être tirées et des actions engagées", par les régulateurs mondiaux, alors que tous les risques n'étaient pas identifiés.

Un des grands risques qui est apparu avec la crise actuelle est, comme le souligne Peter Praet, membre du comité de direction de la Banque nationale de Belgique, le risque de manque de liquidité (lire ci-contre) qui a déjà mis en difficultés certaines banques allemandes.

En Belgique, il n'y a pas de quoi, semble-t-il, avoir de grandes craintes si l'on en croit Luk Van Eylen, porte-parole de la CBFA (Commission bancaire, financière et des assurances). La CBFA "a rencontré les dirigeants des grandes banques. Elle a une bonne vue de la situation. Il n'y a pas de risque de solvabilité", affirme-t-il.