Batibouw fête ses 50 ans. Entre l'effervescente prospérité de 1958, digne précurseur des "Golden Sixties", et l'édition 2009 qui ouvre ses portes demain, il y a toutefois une sérieuse marge. Depuis 1975, le prix de vente moyen d'une maison d'habitation s'est multiplié par neuf, estime le SPF Economie. C'est la région de Bruxelles-Capitale qui aura connu la hausse la plus forte. Les temps sont durs, tant pour ceux qui veulent investir dans un projet que pour le secteur de la construction, qui n' échappe (ra) pas à la crise (lire ci-dessous).

Approches volontaristes

Si le salon ne perd rien de son pouvoir d'attraction ni de son luxe, le thème majeur de cette édition n'est pas des plus rêveurs. Les verbes "économiser" et "épargner" figurent en caractères gras sur bien des prospectus. Le SPF Economie précise qu'en Belgique, "le prix de vente moyen d'une maison d'habitation ordinaire s'élevait à 169 972 euros en 2008". Un montant qui incite à réduire au maximum les frais.

Quelles sont donc les clés d'un logement plus abordable ? L'innovation en est certainement une. Pour le Centre scientifique et technique de la construction (CSTC), dire que la construction innove peu est une idée "préconçue". Et de citer quelques exemples, tels l'usage de béton préfabriqué ou la construction par panneaux, qui offrent de sérieux gains de temps (et donc d'argent). Ou encore les progrès des installations de chauffage, dont le rendement "a dépassé les 100 pc". Chaque année, de nombreuses innovations pointent le bout du nez à Batibouw. Elles permettent aux professionnels de donner une réponse bien plus adaptée au budget du candidat acheteur.

La maison moins chère est aussi celle qui consomme moins d'énergie. Le thème n'est pas neuf, loin de là. La construction durable, en ces temps de crise, fait plus que jamais partie des arguments de choc des entreprises. Bien avant le solaire thermique (pour l'eau chaude) ou photovoltaïque (pour l'électricité), l'isolation de la toiture, des murs et des sols est l'étape n°1 d'une maison aux factures d'énergie allégées.

Beaucoup d'acteurs vont volontairement plus loin que les normes légales d'isolation thermique, qui deviennent peu à peu de plus en plus strictes. Les coups de pouce des autorités continuent eux aussi à faire converger les indécis vers les choix durables. La Région wallonne a par exemple reconduit l'ensemble de son dispositif de primes pour 2009, mais avec un budget doublé (45 millions d'euros supplémentaires).

Outre l'isolation, les primes interviennent également pour les ventilations avec récupération de chaleur, les pompes à chaleur, les panneaux solaires et les électroménagers moins énergivores. Plus les matériaux utilisés sont naturels, plus les primes augmentent...

Aide à la relance

La pérennité du secteur passe aussi par des mesures en faveur de la construction. Hier, le ministre des Finances Didier Reynders a notamment rappelé la réduction de la TVA de 21 à 6 pc pour l'achat ou la construction d'une habitation neuve, sur une tranche de 50 000 euros maximum facturée en 2009.

A noter aussi la généralisation à toute la Belgique des 6 pc de TVA (au lieu de 21) en cas de démolition d'un ancien bâtiment pour en rebâtir un neuf. Ces mesures sont cumulables avec les investissements économiseurs d'énergie.

© La Libre Belgique 2009