La décision finale rendue mercredi quant aux nouveaux tarifs de gros pour l'accès aux réseaux câblés de Telenet, Brutélé et Voo "aura nécessairement des conséquences" pour le consommateur, a prévenu jeudi Orange, seul opérateur télécom alternatif à "louer" les infrastructures de ses concurrents pour proposer ses offres. 

L'entreprise ne peut dès lors plus exclure des augmentations de prix en 2021, alors que ceux-ci n'ont plus été revus à la hausse depuis plusieurs années. La Conférence des régulateurs des communications électroniques (CRC), constituée de l'Institut belge des postes et des télécommunications (IBPT) et des trois régulateurs médias communautaires CSA, Medienrat et VRM, a publié ses décisions quant aux nouveaux tarifs de gros mercredi soir. Ceux-ci sont globalement revus à la baisse, ce qui doit permettre aux opérateurs alternatifs un accès "à un tarif équitable qui permet de développer la concurrence sur le marché de détail au profit des utilisateurs tout en rémunérant correctement les opérateurs réseau".

Pour Michaël Trabbia, patron d'Orange, ce n'est toutefois pas avec l'arbitrage rendu qu'il y aura d'autres opérateurs alternatifs. "Il y a deux gagnants, Telenet et Voo, et un perdant, le consommateur belge", résume-t-il. L'impact sur ce dernier sera très concret, prédit-il.

La décision des régulateurs est "un arbitrage en faveur d'une rente de monopole au profit des câblo-opérateurs et au détriment des consommateurs", insiste l'administrateur délégué.

L'opérateur va adapter sa politique marketing et ne peut dès lors plus exclure d'augmentation de ses prix à partir de 2021. "Quand on doit faire face à une augmentation de 25% des tarifs de gros à court terme, c'est compliqué...", pointe Michaël Trabbia, qui estime cette hausse injustifiée. "Nous ne sommes pas l'ASBL de défense des intérêts de Telenet", fustige-t-il encore.