M. Ghosn devrait être dédommagé, ont-ils également estimé. "La privation de liberté de Carlos Ghosn du 19 novembre 2018 au 5 mars 2019, puis du 4 au 25 avril était arbitraire", juge le groupe de travail de l'Onu sur la détention arbitraire dans son rapport publié lundi à Genève.

Accusé de malversations financières, l'homme, qui dispose des nationalités française, libanaise et brésilienne, était en liberté sous caution depuis avril 2019, avec interdiction de quitter le Japon, quand il a été exfiltré en décembre dernier de l'archipel, caché dans un caisson pour instrument de musique. Carlos Ghosn, qui nie les accusations portées à son encontre, est depuis réfugié au Liban. Le pays n'a en effet pas de traité d'extradition avec le Japon, où il est poursuivi pour abus de confiance et pour avoir falsifié des documents financiers en vue de sous-déclarer ses revenus.

Au total, le magnat de l'automobile a passé 130 jours en prison.

Les experts de l'Onu ont aussi critiqué les arrestations répétées de Carlos Ghosn, un "abus de procédure pour s'assurer de son maintien en détention", l'empêchant en outre de s'entretenir avec son avocat.

Le groupe, composé d'experts originaires d'Australie, Lettonie, Corée du Sud et de Zambie, a conclu que "la solution appropriée serait d'accorder à M. Ghosn un droit exécutoire à une compensation et à d'autres réparations, conformément au droit international".

Outre la procédure pénale qui le vise, un procès civil s'est ouvert mi-novembre au Japon, initié par le constructeur automobile Nissan afin de réclamer 10 milliards de yens (quelque 80 millions d'euros) de dommages-intérêts à son ancien grand patron. Carlos Ghosn lui-même demande 15 millions d'euros d'indemnités à Nissan et Mitsubishi Motors pour rupture abusive de son contrat, via une procédure aux Pays-Bas. Il a aussi engagé une bataille judiciaire contre Renault pour obtenir d'importants droits à la retraite et à des actions de performance.