Entreprises & Start-up

Malgré tout, ont-il souligné, 2008 a été marquée par une bonne gestion de la dette. La réforme de celle-ci a permis de réagir rapidement à la situation créée par la crise financière.

Présentant le rapport 2008 de la dette fédérale, MM. Reynders et Arnoldi ont indiqué que 2008 donnait déjà quelques indications sur l'augmentation de la dette en raison des interventions rendues nécessaires par la situation de certaines grandes banques. La dette a en effet atteint 89,7pc du PIB alors que sans ces interventions elle aurait été de 83,4pc. La situation est malgré tout tempérée par le fait que les taux d'intérêt sont bas ce qui diminue le poids de la charge de la dette. En 2007, le ratio de la dette était de 84pc.

A propos de la situation actuelle du budget 2009, le ministre a rappelé que selon les dernières estimations, le déficit devrait atteindre 5,5pc du PIB.

Pour la rentrée d'octobre 2009, le gouvernement devra à la fois réexaminer la situation du budget 2009 et élaborer un budget pour 2010 et 2011 et, dans ce cadre, il faudra tenir compte de deux éléments: le plan de redressement et les pistes pour retrouver l'équilibre à terme. Cet exercice devra se faire en collaboration avec les Régions et les Communautés. Il faudra donc attendre que les gouvernements des entités fédérées soient en place, a dit M. Reynders. Il a ajouté que le gouvernement disposera de chiffres plus précis sur les recettes en sécurité sociale et les recettes fiscales vers la mi-juillet.

En ce qui concerne les mesures prévues dans le plan de redressement, Didier Reynders a rappelé que le secteur de la construction demandait une prolongation sur 2010 de la TVA à 6pc et que le gouvernement devra se pencher sur l'instauration de la TVA à 6pc dans l'horeca.

Le gouvernement devra aussi présenter fin septembre un nouveau plan de stabilité à la Commission européenne et le ministre s'attend à ce que la Belgique soit parmi la vingtaine de pays pour laquelle la Commission imposera des mesures.

M. Arnoldi a pour sa part souligné que la période de turbulence provoquée par la crise financière a démontré l'importance pour la Belgique de l'Euro. Elle a aussi démontré l'efficacité de la modernisation de la gestion de la dette.

Il a également souligné que le succès décroissant des emprunts de l'Etat était le signe d'un certain retour à la confiance des épargnants qui cherchent à nouveau des placements avec un meilleur rendement même si les grandes institutions financières restent quant à elle très prudentes.

Enfin, Didier Reynders a insisté sur le caractère temporaire des interventions de l'Etat dans le secteur financier. Le but est de récupérer l'argent, a-t-il dit. Et de rappeler que l'Etat touche déjà les primes payées par les organismes financiers pour la garantie offerte par l'Etat et que ce dernier avait perçu un premier dividende de l'opération BNP Paribas.

Il faut donc, a-t-il souligné, distinguer ces interventions que l'Etat récupérera à terme et pour lesquelles il touche une rémunération, ce qui fera diminuer la dette, avec le déficit budgétaire qui continuera à grever le budget.

Seuls les surplus peuvent alors amener une diminution. On a d'ailleurs déjà évoqué, au niveau européen, la possibilité de faire des comptabilités distinctes, a-t-il ajouté.

En conclusion, tant Didier Reynders que Jean-Pierre Arnoldi ont estimé que - sans être euphoriques - on peut dire que la Belgique ne se comporte pas si mal que cela si on compare sa situation à la plupart des pays de la zone euro.