La dette souveraine a tenu l’Europe en haleine durant l’année 2010. Cela risque d’être encore le cas en 2011, et particulièrement en ce début d’année, janvier étant traditionnellement un mois où les Etats européens font assez bien appel au marché.

C’est dire si l’émission obligataire, mercredi, du Portugal était attendue avec une certaine anxiété. Les choses se sont plutôt bien passées : le Portugal a en effet réussi à placer près d’1,25 milliard d’euros de dette, obtenant même des taux en baisse pour les obligations à échéance 2020, à 6,716 % contre 6,806 % en novembre dernier.

Or, justement, la liquidité, soit la possibilité d’émettre de la dette à des taux acceptables, va dominer l’actualité au cours des prochains mois. "Le problème de liquidité va être très présent au cours de la pre mière partie de 2001", estime Nicolas Forest, responsable de la stratégie des taux d’intérêts chez Dexia Asset Management. "Quand ce problème disparaîtra, le marché regardera un peu plus la solvabilité des Etats européens." Et là, la Belgique pourrait bien se retrouver en première ligne en raison de sa dette élevée.

En soi, il n’y a pas (encore) péril en la demeure. "La Belgique fait partie des Etats liquides. Elle dispose de quelques atouts : un niveau de déficit faible et une croissance pas mauvaise du tout."

Reste que la Belgique est "une Italie en petit". "Le ratio dette par rapport au PIB est important et la situation politique est instable", note Nicolas Forest.

"Les marchés financiers ne s’intéressent pas à nos discussions communautaires. Ce qui a été le déclencheur de l’inquiétude, c’est le niveau de la dette", précise Koen Van de Maele, responsable de la gestion obligataire chez Dexia Asset Management.

Là encore, il faut rester serein. Pour plusieurs raisons. "Si le gouvernement propose un plan crédible de réduction du déficit, il n’y aura pas de problème de solvabilité", estime-t-il. De même, des taux à 10 ans à 4,25 % pour les emprunts de l’Etat belge ne sont pas forcément annonciateurs d’une catastrophe. "4,25 %, cela reste un taux très raisonnable si l’on considère le long terme. C’est vrai que le spread avec les t aux allemands s’est élargi. D’une part, il faudra s’habituer à un spread de 100 points de base. D’autre part, ce n’est pas le spread qui est important. Ce qui est important, c’est d’emprunter à un taux qui ne soit pas trop élevé par rapport au niveau de la croissance ."

Si les taux belges devaient passer au-dessus de 5 %, l’histoire serait bien entendu différente. Rien, pour l’instant, ne soutient ce scénario.