La compagnie aérienne irlandaise à bas prix Ryanair a vu son bénéfice net reculer au troisième trimestre 2005/06, conséquence d'une facture en kérosène alourdie et d'un revenu moyen par passager stable, sur fond de vive concurrence.

Le groupe a maintenu sa prévision de bénéfices pour l'exercice tout en restant prudent pour le quatrième trimestre: il s'attend à une hausse importante de son trafic mais aussi à une baisse du revenu moyen par passager en raison d'une capacité accrue. Cette baisse devrait se situer au milieu d'une fourchette de 5 à 10 pc, a précisé Ryanair. Cette prudence a incité les investisseurs à prendre leurs bénéfices: l'action Ryanair perdait 2,59 pc à 7,52 euros en clôture à Dublin.

D'octobre à décembre, le bénéfice net est ressorti à 36,8 millions d'euros contre 46,7 millions un an plus tôt et 38 millions attendus par le marché. En excluant un gain exceptionnel de 11,9 millions au troisième trimestre 2004/05, dû à un changement dans le traitement comptable de l'acquisition de Buzz, le bénéfice net ressort en hausse de 5,7 pc. Le groupe table sur une hausse de 10 pc de son bénéfice net sur l'exercice, à 295 millions d'euros. Il est ressorti en hausse de 12,6 pc sur neuf mois, à 278,9 millions.

Le chiffre d'affaires a progressé de 27 pc à 370,7 millions d'euros sur le trimestre, pour un trafic en hausse de 26 pc à 8,6 millions de personnes. La facture en kérosène a gonflé de 59 pc à 114,9 millions d'euros et les coûts unitaires de la compagnie de 3 pc. Hors carburant, ils ont diminué de 6 pc.

Le revenu moyen par passager est resté stable, malgré une croissance de 27 pc de la capacité et une «concurrence importante sur les prix», a souligné le groupe, qui opère plus de 300 lignes dans 22 pays et transporte près de 35 millions de personnes par an.

Les revenus annexes (vente de nourriture et de boissons dans les appareils, réservation de voitures et de chambres d'hôtels, etc.) ont augmenté de 31 pc sur le trimestre comparé à un an plus tôt, à 59 millions d'euros. Ryanair espère que cette croissance restera supérieure à celle du trafic cette année. Les compagnies à bas prix mettent l'accent sur la croissance de ces revenus alors que leur modèle de rentabilité tend à s'épuiser, faute de pouvoir toujours plus réduire les coûts.

Ryanair reste cependant «concentrée» sur les coûts, de nouvelles coupes devant permettre de compenser partiellement la hausse des prix du pétrole. La compagnie a couvert sa consommation jusqu'à la fin mars à 49 dollars le baril. Elle n'est pas couverte au-delà mais surveille les prix dans le but de couvrir ses besoins de l'année 2006/07 au moment approprié.

© La Libre Belgique 2006