Dans un communiqué au vitriol publié mardi, La FGTB Metal Liège-Luxembourg dénonce la vente forcée de l'usine sidérurgique liégeoise Segal, située à Ivoz-Ramet (Flémalle) et appartenant au groupe indien Tata Steel. Dans la perspective de la fusion du groupe avec l'allemand ThyssenKrupp, la Commission européenne a en effet exigé que les deux géants de l'acier se séparent de certains de leurs actifs européens, afin de ne pas se retrouver en situation de monopole sur des produits d'emballage et galavanisés. Le choix de Tata Steel s'est arrêté, entre autres, sur Segal, un fleuron européen de la galvanisation qui emploie 140 personnes.

"Pourquoi vendre ? Ce n'est pas clair. Pourquoi Segal ? Ce n'est pas clair non plus", écrivent les métallos du syndicat socialiste. La FGTB souligne dans son communiqué que Tata Steel s'était pourtant engagé par convention il y a quelques mois à ne pas toucher à l'usine liégeoise jusqu'en 2026. "Cet engagement récent n'a pas l'air de tracasser les Indiens, manifestement indifférents à la parole donnée", mentionne le syndicat.

Segal veut que la convention soit appliquée

Un conseil d'entreprise extraordinaire s'est tenu mardi à Segal. "Nous avons rappelé à la direction locale cette convention et demandé à ce qu'elle soit transmise à la maison-mère", explique Karim Nouichi, délégué principal FGTB à Segal. Le syndicaliste indique qu'un conseil d'entreprise européen de Tata Steel sera organisé le 10 mai. On y discutera évidemment de ces ventes forcées d'usines qui ne posent pas problème qu'aux travailleurs d'Ivoz-Ramet, désireux de rester dans le giron de Tata Steel.

La filiale néerlandaise de Tata Steel est directement liée à Segal, qu'elle approvisionne en tôles à galvaniser pour l'industrie automobile. "Les Néerlandais n'ont pas été consultés par Tata Steel quand il a fallu choisir les usines à vendre et ils s'opposent au choix de Segal. Ils menacent d'ailleurs d'actionner des voies judiciaires pour nous garder dans le groupe", signale Karim Nouichi.

"La Région wallonne s'en tape"

Enfin, dans son communiqué intitulé "Segal aux enchères, la Région wallonne s'en tape (comme du reste)", la FGTB épingle avec virulence le silence du ministre wallon de l'Economie, Pierre-Yves Jeholet (MR), dans ce dossier.

"Depuis qu'il y a une Région wallonne, c'est probablement la première fois que le ministre responsable (à défaut d'être compétent) se tait dans de telles circonstances", lance le syndicat socialiste. "Sans doute par application du principe faux mais connu selon lequel il faut laisser faire le marché et dire qu'on ne sait rien changer. Cette attitude d'abstention forcenée sidère la FGTB Metal Liège-Luxembourg, habituée à des ministres wallons (même libéraux) qui se battaient pour l'emploi et le développement économique. Mais peut-être exagère-t-on. Peut-être que demain, M. Jeholet utilisera tout son poids politique pour demander aux intervenants ce qu'il en est et dès lors actionner, s'il le faut (et il le faudra) tous les outils dont dispose le gouvernement wallon. Car il y en a et c'est à ça que servent les ministres."