La Fnac est-elle à vendre ? Les spéculations vont à nouveau bon train après la publication hier par le quotidien français "Les Echos" d'un article évoquant la volonté du géant français du luxe PPR (ex Pinault-Printemps-Redoute) de céder l'agitateur culturel. Deux banques, à savoir Goldman Sachs et UBS, auraient même déjà trouvé des repreneurs potentiels même si elles n'auraient pas encore reçu de mandat officiel.

Une nouvelle fois, ce sont des fonds d'investissement qui pourraient jouer les vedettes. Les noms de KKR, CVC, Cinven ou Permira sont avancés. La valorisation de la Fnac, elle, tournerait autour de 2 milliards d'euros.

Moindre rentabilité

Même si du côté de PPR le silence radio est de mise, les marchés financiers semblent accorder un certain crédit à ce scénario de cession : le titre du géant français piloté par François-Henri Pinault (41 ans, fils de François Pinault) a ainsi grimpé de 2,45 pc.

Si la vente de la Fnac venait à se confirmer, elle accréditerait la volonté de PPR de se désengager, partiellement en tout cas, de son pôle distribution (NdlR : qui comporte notamment des enseignes comme Conforama, CFAO ou Redcats) à la rentabilité nettement inférieure à l'autre activité stratégique du groupe, le luxe. Récemment, PPR vient en effet de céder une autre marque emblématique de son pôle distribution : les grands magasins Le Printemps vendus pour la coquette somme de 1,1 milliard d'euros avec une belle plus-value à la clé.

Un gros coup dans le luxe ?

En dépit de perspectives de croissance intéressantes, la rentabilité de la Fnac reste très en deçà de la moyenne du groupe avec un chiffre de 3,5 pc attendu. En cause, la concurrence de plus en plus féroce d'enseignes aux politiques de prix hyperagressives, ne pensons qu'à Media Markt,

Virgin Megastore et aux hypermarchés, le déclin structurel de la vente de disques ou la montée en puissance de nouvelles technologies aux marges parfois réduites.

En chiffres, la Fnac - tombée dans l'escarcelle de PPR en 1994 - c'est au total 109 magasins dont 41 en dehors de France (NdlR : un chiffre qui devrait doubler d'ici 5 ans), 150 millions de visiteurs par an, une présence en Belgique (lire par ailleurs), Espagne, Italie, Suisse, Portugal, Brésil et Grèce, des effectifs d'un peu plus de 20 000 personnes et un chiffre d'affaires de 4,38 milliards d'euros l'an dernier.

Pour certains, la cession du "premier libraire de France" - un livre sur cinq vendu dans l'Hexagone vient de la Fnac - pourrait permettre à PPR de préparer un "coup" - entendez une grosse acquisition - dans le secteur du luxe qui compte des marques prestigieuses comme Gucci ou Yves Saint-Laurent.

Une activité du luxe qui ne représente aujourd'hui "que" 23 pc du chiffre d'affaires du groupe mais plus de... 40 pc de son bénéfice opérationnel courant.

(Avec AFP)

© La Libre Belgique 2006