La Grèce a proposé de suspendre son référendum prévu dimanche sur les propositions de ses créanciers (FMI, UE) si les négociations reprennent avec l'Union européenne, a indiqué mardi le Premier ministre maltais Jospeh Muscat, cité par le journal Times of Malta, ainsi que selon des informations du journal allemand die Welt.

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a indiqué à ses partenaires de l'Eurogroupe, lors d'une téléconférence ce mardi soir, que la Grèce était prête à suspendre son référendum "si ses collègues des Finances s'entendent rapidement avec lui", selon le quotidien die Welt qui ne cite pas ses sources.

Durant cet échange téléphonique, il a également annoncé qu'Athènes allait adresser une nouvelle lettre au président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, selon la même source allemande.

La Grèce a demandé au FMI un report du paiement dû mardi

Le vice-Premier ministre grec Ioannis Dragasakis a déclaré, mardi à la télévision publique ERT, que la Grèce avait demandé au Fonds monétaire international (FMI) un report du remboursement de quelque 1,5 milliard d'euros dû d'ici 22h00 GMT. "Nous avons déposé au FMI une demande afin qu'il prenne l'initiative de reporter le paiement au mois de novembre", a indiqué M. Dragasakis, ce qui permettrait à la Grèce d'éviter de faire défaut sur sa dette vis-à-vis de l'institution de Washington et d'aggraver une situation financière déjà critique.

"Nous avons déposé au FMI une demande afin qu'il prenne l'initiative de reporter le paiement au mois de novembre", a indiqué M. Dragasakis, ce qui permettrait à la Grèce d'éviter de faire défaut sur sa dette vis-à-vis de l'institution de Washington et d'aggraver une situation financière déjà critique.

La Grèce utilise ainsi une disposition de la charte du FMI qui permet "à la demande d'un Etat-membre" et sans vote de "reporter" la date d'un remboursement dans la limite de 3 à 5 ans, qui correspond à la durée de vie de ses prêts.

L'Eurogroupe ne veut pas de "nouvelle aide" mais se reverra mercredi

La réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) s'est terminée peu après 20h00, selon un tweet envoyé par le ministre finlandais des Finances Alexander Stubb. La réunion, tenue par téléphone, a duré environ une heure. "#Eurogroupe se termine. La lettre d'Alexis Tsipras inclut trois demandes. L'extension du programme n'est pas possible. La demande pour un programme MES (Mécanisme européen de solidarité, ndlr) est toujours traitée selon les procédures normales", a twitté M. Stubb.


Cette réunion des ministres des Finances de la zone euro était la première depuis samedi, lorsque l'Eurogroupe a rejeté la demande de la Grèce de prolonger provisoirement les programmes d'aides en attendant la tenue, dimanche prochain, d'un référendum sur les propositions des créanciers d'Athènes. Le gouvernement du Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé la population à voter "non". Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a quant à lui pris parti pour le "oui", estimant que le "oui" exprimerait la volonté des Grecs à rester dans la zone euro et l'UE.

La décision de tenir un nouvel Eurogroupe a été prise après qu'Athènes a déposé une proposition incluant une demande de financement sur deux ans au Mécanisme européen de solidarité (plus de détails ci-dessous) . La réunion devrait reprendre mercredi matin, selon le gouvernement grec.

Van Overtveldt: "Impossible d'analyser les nouvelles propositions en si peu de temps"

Selon le ministre des Finances Johan Van Overtveldt, il était "impossible pour l'Eurogroupe d'analyser les nouvelles propositions de la Grèce en si peu de temps", a-t-il indiqué mardi soir. Ce soir, à minuit, l'actuel deuxième programme de soutien à la Grèce se termine. "Cela ne change rien", a estimé Johan Van Overtveldt.


Merkel refuse de négocier avec Athènes "une nouvelle aide" avant le référendum

La chancelière Angela Merkel a fait savoir lors d'une réunion avec des députés de son parti conservateur que l'Allemagne n'était pas prête à discuter d'une nouvelle demande d'aide d'Athènes avant la tenue d'un référendum en Grèce dimanche, selon un participant.

"Avant le référendum, côté allemand nous ne pouvons pas discuter d'une nouvelle demande d'aide", a dit la chancelière devant le groupe parlementaire CDU/CSU du Bundestag, a rapporté à l'AFP cette source.

Le ministre de l'Economie allemand, le vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel, a par ailleurs affirmé que si la Grèce annulait le référendum prévu, les discussions avec Athènes pourraient reprendre rapidement, selon l'agence Bloomberg News.

Mme Merkel avait expliqué lundi que son gouvernement ne pourrait pas négocier de nouveau plan d'aide à la Grèce sans un mandat explicite du parlement allemand.


Le gouvernement grec propose à l'UE un accord de financement sur deux ans

La Grèce a proposé mardi à ses créanciers de conclure avec le Mécanisme européen de stabilité (MES) un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers tout en restructurant sa dette, a indiqué le bureau du Premier ministre Alexis Tsipras. Dans un communiqué intitulé "requête au MES", le gouvernement explique "rester à la table des négociations" en dépit de l'organisation dimanche d'un référendum sur les discussions avec les créanciers et avoir "proposé aujourd'hui" un accord au MES sur deux ans "pour la couverture complète de ses besoins financiers et la restructuration de la dette".

Interrogé par l'AFP, le MES à Bruxelles a refusé pour le moment de commenter. "Je ne commente pas", a dit le porte-parole du fonds de soutien.

Le communiqué grec ne donne aucun détail sur le contenu du nouveau plan d'assistance soumis par la Grèce alors que celui en cours depuis 2012 expire mardi à minuit pour sa partie européenne et que le pays perdra à ce moment-là l'accès à 16 milliards euros d'aides en tout genre (prêts, bénéfices sur les obligations détenues par la BCE, fonds pour les aides). Athènes n'a pas réussi à s'entendre avec ses créanciers UE, BCE, FMI sur les conditions du déblocage de ces aides.

"Le gouvernement grec cherchera jusqu'au bout à obtenir une solution viable à l'intérieur de l'euro", ajoutent le communiqué des services du Premier ministre, selon lequel c'est le sens du référendum de dimanche qui doit envoyer "un message du +Non+ à un mauvais accord".

Plusieurs dirigeants européens ont de leur côté laissé entendre qu'une victoire du +non+ à la consultation devrait au contraire être interprétée comme un non à l'euro.

Cette initiative intervient alors que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a de son côté proposé lundi à Alexis Tsipras, une solution "de dernière minute" en forme de sortie de crise: "accepter le dernier plan des créanciers daté de samedi, et s'engager à appeler les Grecs à avaliser ce texte en votant oui lors du référendum de dimanche".

Le référendum porte non pas sur ce texte de samedi mais sur une précédente offre des créanciers datée de jeudi et que le gouvernement grec a fermement rejetée.

La Grèce a de longue date déclaré qu'elle souhaitait un accord en trois volets: échange des 27 milliards d'obligations grecques détenues par la BCE, dont une partie arrive à échéance cet été, via le MES (dispositif de gestion des crises financières de la zone euro) afin de donner de l'air aux finances grecques; restructuration de la dette due au FMI; programme de développement économique pour la période 2016-2021.


Pour l'Allemagne, un "non" des Grecs n'implique pas obligatoirement un "Grexit"

La Grèce ne se retrouvera pas dans l'obligation de quitter la zone euro si ses citoyens rejettent dimanche par référendum les propositions de ses créanciers, a déclaré mardi à des parlementaires le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble (photo) .

Quant à la chancelière allemande Angela Merkel, elle a déclaré mardi tout ignorer d'une nouvelle proposition européenne qui aurait été faite à la Grèce pour débloquer un accord de dernière minute sur le renflouement du pays.

"La dernière offre de la Commission que je connais est celle de vendredi dernier et je ne peux rien dire de plus", a affirmé Mme Merkel, alors que Bruxelles a indiqué avoir proposé une solution de "dernière minute" au Premier ministre grec Alexis Tsipras. La dirigeante allemande a toutefois réaffirmé que "la porte reste ouverte" pour de nouvelles discussions avec Athènes.


Varoufakis: "La Grèce ne remboursera pas le FMI ce mardi"

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a confirmé mardi que la Grèce ne paierait pas avant la fin de la journée l'échéance de 1,5 milliard d'euros qu'elle doit au FMI. Le ministre, attendu par les médias à l'entrée de son ministère, s'est vu demander si le paiement aurait lieu. "Non", a-t-il laconiquement répondu avant d'aller à son bureau.

Les négociations entre Athènes et les institutions (FMI, BCE, Commission européenne) ont été interrompues le week-end dernier après l'annonce par le Premier ministre grec Alexis Tsipras d'un référendum le dimanche 5 juillet afin que la population se prononce sur les propositions sur la table. Faute d'accord avant ce mardi, le programme d'aide à la Grèce s'arrêtera ce mardi soir, et aucune source d'argent frais ne sera octroyée à la Grèce pour honorer le remboursement au FMI.

La constatation officielle du défaut de paiement pourrait cependant encore prendre quelques semaines, quand la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en informera le conseil des gouverneurs.


Athènes pourrait se tourner vers la justice européenne pour éviter d'être éjectée de la zone euro

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a affirmé que la Grèce pourrait se tourner vers la justice pour éviter d'être éjectée de la zone euro si aucun compromis n'était trouvé, a rapporté lundi un quotidien britannique.

"Le gouvernement grec utilisera tous les droits juridiques à notre disposition", a déclaré M. Varoufakis selon le Daily Telegraph.

"Nous prenons conseil et examinerons certainement l'éventualité d'une injonction devant la Cour de justice de l'Union européenne. Les traités européens ne prévoient pas de sortie de l'euro et nous ne l'acceptons pas. Notre appartenance (à la zone) n'est pas négociable", a-t-il poursuivi.

Aucun pays ne s'est jamais retiré de la zone euro. Mais l'échec des négociations entre Athènes et ses créanciers samedi soir laissait présager que la Grèce irait au défaut de paiement cette semaine et se retrouverait éjectée de la zone à terme.

Dans la soirée de lundi, Alexis Tsipras a tenté d'apaiser le débat en présentant le référendum de dimanche comme une étape, importante certes, des négociations. Sur le même mode, il a fait comprendre que la Grèce ne paierait pas mardi le 1,5 milliard d'euros qu'elle doit au Fonds monétaire international, mais faute d'argent, pas de bonne volonté.

Le gouvernement d'Athènes a imposé un strict contrôle des capitaux et a ordonné à la bourse et aux banques de rester fermées pendant une semaine.

Les dirigeants européens ont indiqué qu'ils restaient ouverts à l'établissement d'un accord, qui éviterait une sortie de la Grèce de l'euro, laissant une marque indélébile sur la zone et ses 28 pays.