Alors qu'ils n'étaient plus rendus publics - comme la loi l'impose - depuis 2009, les comptes de Lagardère & Management (LCM) pendant sept exercices ont été déposés mardi aux greffes, conformément à une décision de justice qui prévoyait une astreinte de 5.000 euros par jour de retard, s'il ne s'y conformait pas.

Selon ces documents, LCM a subi en 2019 une perte de 79 millions d'euros, notamment du fait de la dépréciation de la participation de 7,26% d'Arnaud Lagardère dans son groupe, propriétaire des boutiques Relay, de l'éditeur Hachette, et de plusieurs médias influents.

La valeur de ces actions - par ailleurs nanties auprès des banques en garantie d'un contrat à terme arrivant à échéance à partir de la fin d'année - est ramenée à 25 euros l'unité "telle qu'elle ressort de l'évolution du consensus des analystes financiers" en moyenne entre 2018 et 2019, et s'élève désormais à 238 millions d'euros.

La valeur de marché du titre Lagardère évoluait jeudi en légère hausse (+0,8%) autour de 15 euros.

Le seul endettement financier de LCM auprès des banques s'élève bien à 164 millions d'euros, conformément à ce que l'héritier de Jean-Luc Lagardère avait révélé à l'hebdomadaire Le Point en début d'année, mais le montant total des dettes de la holding en 2019 monte à 214 millions d'euros en prenant en compte d'autres formes d'emprunts.

La solvabilité d'Arnaud Lagardère est importante du fait du statut atypique du groupe Lagardère en société en commandite par actions (SCA), qui le rend indéboulonnable mais également responsable indéfiniment des dettes de l'entreprise sur ses biens propres.

Les comptes montrent par ailleurs qu'Arnaud Lagardère s'est endetté auprès de LCM pour une somme d'environ 215 millions d'euros, qui apparait dans les comptes sous le titre "autres créances" et qui prend la forme d'avances de trésorerie vers la maison-mère Lagardère SAS, qu'il détient à 100%.

Signe que cette société n'a peut-être plus les moyens de rembourser l'intégralité de la somme, le rapport du commissaire aux comptes note "qu'il pourrait être envisagé de solder" cette créance, notamment en organisant une distribution de dividendes suite à l'arrivée en mai 2020 du milliardaire Bernard Arnault dans LCM.

Le PDG du groupe de luxe LVMH doit prendre 26,7% de LCM pour quelque 100 millions d'euros, à l'issue de négociations qui doivent être finalisées vers le mois de septembre, selon une source proche.