Le groupe Fedex finira-t-il par implanter son siège européen à La Hulpe comme il le souhaite ? D’après Robert W. Elliott, PDG de la division Europe, Moyen Orient, Inde et Afrique (EMEA) de Fedex Express, c’est toujours le vœu du leader du transport express international. Mais voilà, un recours au conseil d’Etat de riverains et d’associations, opposés au projet, a suspendu le permis depuis décembre 2007 et le Décret wallon des autorisations régionales (Dar) qui entendait lui donner une base solide est attaqué devant la Cour constitutionnelle. Du coup, tout est bloqué depuis lors, alors que Fedex aurait aimé fêter ses 25 ans de présence en Belgique par le déménagement de ses équipes vers la Hulpe cette année. "L’objectif était que nous installions nos équipes dans les nouveaux locaux en mai 2009, mais en raison des recours tout est bloqué depuis 3 ans et bientôt 4. Nous avons démarré le projet en 2006 et obtenu le permis de bâtir en septembre 2007. Tout le monde trouve ce projet fantastique, il est soutenu par le gouvernement wallon et la commune. Nous avons fait tout ce qu’on nous a demandé de faire notamment la prévision d’un plan de mobilité. Nous espérons une réponse avant avril 2010. Au-delà, nous réévaluerons le projet et toutes les options sont ouvertes", nous a confié Robert W. Elliott, jeudi à Paris.

Le groupe fêtait ce jour les 10 ans de sa présence à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et inaugurait en même temps la fin des travaux d’extension de son hub européen. Pour accroître les capacités de son hub à Roissy, Fedex a investi 158 millions de dollars dans le but de proposer à ses clients un niveau de service optimal. "Grâce à ses travaux d’extension, la plate-forme de Roissy-Charles de Gaulle devient le hub le plus important de Fedex en dehors des Etats-Unis. Ils permettent à Fedex de renforcer ses capacités de tri, de poursuivre sa croissance et de mettre en valeur sa large gamme de produits et services", a-t-il précisé devant plus de 300 invités dont Pierre Graff, le PDG des Aéroports de Parfis (ADP). La ministre de l’Economie, Christine Lagarde aurait dû assister à la cérémonie, mais retenue à Matignon, elle y a dépêché son chef de cabinet. Et pourtant, la cérémonie académique a pris beaucoup de retard pour lui permettre d’être présente

Grâce à l’investissement, Fedex a accru la superficie de la zone de tri de 49 600 à 72000 m2, la capacité de tri est passée de 54 000 à 61500 colis par heure et la zone de fret et de produits dangereux, de 1400 m2 à 13000 m2. Le groupe affiche désormais 300 vols hebdomadaires à Paris Roissy.

Le projet de relocalisation de Fedex à La Hulpe (près de l’ensemble hôtelier Dolce, le long de la Chaussée de Bruxelles) représente un investissement de quelque 70 millions d’euros. "L’objectif est d’y rassembler nos 750 collaborateurs dont 600 cols blancs (ingénieurs, juristes, financiers, etc.) aujourd’hui dispersés un peu partout. Nous n’avons pas de plan de rechange et nous voulons réaliser ce projet à La Hulpe, car c’est le meilleur endroit pour travailler en Belgique pour nous (beau cadre, près de l’aéroport, etc.). Nous sommes optimistes, mais en Belgique, rien n’est sûr", dit encore Robert W. Elliott qui vit en Belgique depuis 18 ans.

Il ne comprend pas l’opposition de quelques riverains dont l’action bloque depuis trop longtemps un projet d’intérêt majeur pour la Wallonie et qui remporte un large soutien. "Quel signal envoie-t-on aux investisseurs potentiels désireux de venir en Belgique ?", se demande-t-il. Pour réaliser son "camping", Fedex a signé un contrat de leasing de 15 ans avec le promoteur immobilier Codic. Le projet prévoit la construction d’un bâtiment en trois ailes d’un total de 17000 m2 comprenant bureaux, restaurant, salles de réunion et abritant un centre informatique important de Fedex.