La société américaine Uber a annoncé respecter la décision de la Cour suprême britannique, reconnaissant le statut de travailleurs à ses chauffeurs au Royaume-Uni, et avec lesquels elle va désormais entreprendre une vaste consultation.

"Nous respectons la décision de la Cour", déclare Jamie Heywood, patron pour l'Europe du nord et de l'est dans un communiqué. "Nous sommes décidés à faire plus et nous allons consulter tous nos chauffeurs en activité au Royaume-Uni pour comprendre les changements qu'ils veulent voir", ajoute-t-il.

Cette décision de la Cour suprême donne notamment droit à un salaire minimum, des congés payés, et des temps de pause. Elle pourrait remettre totalement en cause le modèle économique d'Uber au Royaume-Uni.

Une affaire longue de cinq années

En 2016, 25 chauffeurs avaient décidé d'une action devant la justice. Après cinq, elle vient donc de leur donner raison. Une nouvelle défaite pour Uber, qui avait déjà saisi la Cour suprême britannique après avoir perdu à deux reprises en 2017 et 2018.

La compagnie assurait depuis le début de cette longue bataille judiciaire que les chauffeurs sont des travailleurs indépendants, choisissant leurs horaires et lieux de travail, et collaborant parfois à plusieurs applications en même temps.

Cette décision de la Cour suprême fait que les chauffeurs qui ont porté plainte pourront se tourner vers un tribunal pour obtenir des indemnisations. Et en théorie, d'autres chauffeurs pourront alors demander à la justice d'obtenir le statut d'employé.

La plateforme, qui n'est pas rentable à l'échelle mondiale, pourrait n'avoir d'autres choix que d'augmenter ses tarifs au Royaume-Uni, quitte à perdre des parts de marchés si ses concurrents ne sont pas soumis à ces mêmes règles.