"On a une heure devant nous. On tient l’horaire, hein. Une heure…" Nous sommes en mai 2019. Cela fait près de 12 mois que différents groupes de travail - "Éditorial", "Marketing" et" Technique/IT" - œuvrent à l’élaboration de la nouvelle plateforme numérique de La Libre Belgique dédiée à l’économie et à la finance : La Libre Eco.

L’ADN de l’offre économique

À l’ordre du jour : trouver une base-line. Pour le dire autrement, une sorte de slogan qui colle à la peau de la future section économique, qui parle aux lecteurs. Une dizaine de personnes autour de la table, du groupe "Marketing". Le genre de boulot qu’on confie parfois à une agence de publicité mais qu’on a décidé de prendre en main. Travailler depuis un an sur un produit, ça donne la connaissance et l’implication suffisantes pour tenter le coup. "D’abord, ce qu’il faut, c’est mettre tous les mots qui feront l’ADN de l’offre économique en ligne sur le tableau, lance une personne présente. Il faut surtout que les futurs lecteurs sachent quelle sera la ligne et si elle répond à leurs besoins ou envies", poursuit une autre. Décryptage, décodage, gestion, outil, service, pédagogie, utilité, fact-checking, analyse, enquête, numérique, multimédias….

Les mots s’alignent les uns après les autres sur le tableau très vite noirci de la salle de réunion. Ils font sens. L’émulation et la concentration sont palpables. Les premiers slogans fusent. "L’affaire de tous", "L’économie de demain"…. Pas mal, mais un petit goût de "trop peu" plane sur la réunion…

Les silences emplissent l’espace de travail… "Vos clés de l’économie" ? "Informer, décoder. Découvrez." "Bonne idée, mais non", répond un membre du groupe.

On approche. Il reste 5 minutes. "Nous décodons. Vous décidez", lance une petite voix en bout de table, presque inaudible. Les regards se croisent. Les sourires s’élargissent. Il n’y a pas besoin de parler, on sait tous qu’on tient "le" slogan, celui qui nous représente le mieux. Et qui, l’espère-t-on, parlera surtout à nos lecteurs. "On sait maintenant tous pourquoi le métier de directeur général, c’est aussi savoir faire la synthèse adéquate de toutes les bonnes idées autour d’une table, et que cela ne s’improvise pas." (rires)

De la sueur et de la bonne humeur

En 18 mois de travail, forcément, il y a des moments de creux, des tensions, des (grosses) discussions, des marches arrière, des décisions retournées, des réunions annulées en dernière minute faute de temps, dans des semaines déjà chargées par ailleurs. Il y a aussi beaucoup de rires. Un peu de sueur aussi… Forcément.

Quand un journaliste débarque dans la première réunion "Technique/IT", les mots "wireframe", "interface", "API", et bien d’autres, assénés en moins de 5 minutes, ont de quoi faire fuir les plus téméraires. Les néophytes s’interrogent devant cette montagne de termes technologiques, issus d’un monde numérique qui a pris d’assaut l’univers des médias ces dernières années.

Mais la sauce a pris. Les expériences, les compétences et l’implication de tous se sont mélangées pour donner naissance à La Libre Eco. Aujourd’hui, une équipe - renforcée pour l’occasion - d’une petite vingtaine de journalistes, d’horizons très différents, est chargée de prendre en main le bébé. De le faire grandir.

Dans l’intérêt du lecteur. La première des priorités est là : informer le lecteur sur le plan économique et financier, de la manière la plus complète et la plus correcte possible, mais en dispensant aussi l’information autrement. De façon plus moderne. Plus "multimédias"…François Mathieu