L'Office allemand des statistiques a relevé à 2,7 pc son estimation de la croissance allemande en 2006, encore une bonne nouvelle pour la première économie de la zone euro qui paraît bien armée pour absorber le choc du relèvement de la TVA cette année.

Corrigée des effets calendaires, la progression du produit intérieur brut (PIB) frôle même les 3 pc, selon des chiffres encore provisoires publiés mardi. A la mi-janvier, l'Office Destatis avait annoncé un taux de 2,5 pc. Le pays n'a pas connu plus forte croissance depuis l'an 2000. Après un long passage à vide, 2006 marque son grand retour et la reprise de son rôle de locomotive de la zone euro, dont elle représente près du tiers du PIB. Certes, le relèvement de la croissance s'explique en partie par la forte augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée, de 16 pc à 19 pc début 2007, qui a provoqué une vague d'achats par anticipation dans les dernières semaines de 2006. L'industrie automobile en a particulièrement profité.

Mais pas seulement. "Les impulsions pour la croissance sont de nouveau venues aussi bien de l'étranger que du marché intérieur", a souligné Destatis. Il pointe une demande soutenue des investissements industriels, une amélioration de la consommation des ménages mais surtout un commerce extérieur "extrêmement dynamique" qui a contribué en majeure partie à la hausse plus forte que prévue de 0,9 pc du PIB au 4e trimestre comparé au précédent. "Ce n'est pas le commerce de biens avec l'Union européenne qui a enregistré les forts taux d'augmentation, mais celui avec les pays de l'Opep, l'Asie et le reste de l'Europe", croit savoir Andreas Scheuerle, analyste à la DekaBank. Selon lui, les échanges avec les Etats-Unis, pourtant en phase d'essoufflement, se sont aussi améliorés. Destatis doit publier le détail du PIB au 4e trimestre par postes le 22 février.

L'année en cours s'annonce moins florissante, à cause du contrecoup de la TVA. "Pour le premier trimestre de cette année, nous nous attendons plus ou moins à une stagnation du PIB", a indiqué Sylvain Broyer, analyste chez IXIS-CIB.

Mais le passage à vide devrait être temporaire, laisse présager le baromètre ZEW de février, également publié hier. Il est repassé dans le vert, à 2,9 points contre - 3,6 points en janvier. En clair, cela signifie que le secteur financier attend désormais non plus un ralentissement, mais une relance de l'économie allemande au cours de la deuxième moitié de l'année, indique l'Institut ZEW. La décrue continue du chômage et la tendance à une augmentation des rémunérations dans le sillage de la reprise économique devraient permettre d'avaler rapidement la pilule TVA, selon la plupart des pronostics. (AFP)