L'annonce vendredi de l'enseigne allemande Galeria Karstadt Kaufhof, maison-mère des Galeria Inno's, de sa volonté de fermer 62 de ses 172 filiales à travers le monde constitue un "premier coup de semonce", réagit samedi le Setca/BBTK. Plus de 5.000 emplois sont menacés par cette mesure, mais il n'y aurait aucune menace pour l'emploi en Belgique à l'heure actuelle. "Mais, derrière tout cela, il y a une autre réalité", commente le syndicat socialiste, "à savoir la difficulté qu'ont aujourd'hui les magasins non alimentaires, au lendemain de la crise du Covid, à retrouver progressivement leur vitesse de croisière en termes de fréquentation et de chiffre d'affaires. Entre la pression sans cesse croissante des géants du commerce électronique et l'inaction des grands distributeurs et de leurs représentants en Belgique pour trouver des solutions, ce sont les salariés qui risquent d'en payer le prix extrêmement rapidement".

"L'annonce de la société mère de Galeria Inno est un premier coup de semonce", estime le Setca, qui craint que ce genre d'annonces se multiplient et que les magasins belges soient clairement touchés en termes de pertes d'emplois et de fermetures.

L'organisation syndicale appelle la fédération du commerce Comeos depuis plus de deux ans à un dialogue sur l'avenir du secteur. "Jusqu'à présent, nos demandes de réunions sont restées lettre morte. Comeos est de plus en plus une organisation de lobbying plutôt qu'une organisation de consultation où l'on assure un avenir au commerce en Belgique, dans le respect des salariés."

"Quelle tragédie sociale devons-nous attendre pour que les partenaires sociaux du commerce aient enfin un dialogue digne de ce nom dans un secteur qui, pour rappel, concerne plus de 200.000 travailleurs", se demande le Setca.

Pour le syndicat, Inno n'est que le premier exemple d'une restructuration qui, bien qu'elle ne touche pas directement la Belgique, est "la première d'une longue série" dans le monde du commerce.