Quatre ans après l’ouverture du centre commercial L’Esplanade à Louvain-la-Neuve, Wilhelm&Co inaugure celui de la Médicacité. Entretien avec Peter Wilhelm, CEO de la société.

Les deux projets sont imposants, multifonctionnels, ancrés par du commerce... En quoi diffèrent-ils ?

La grande différence, c’est Ron Arad (l’architecte designer auteur de l’impressionnante verrière, Ndlr). A Louvain-la-Neuve, nous ne pouvions pas nous démarquer du voisinage. C’est une de nos frustrations. A Liège, la Ville n’était pas du tout contraire. D’autant qu’à l’époque Calatrava avançait fort. On a donc fait évoluer le projet pour qu’il réponde partiellement à l’architecture emblématique de la gare. Le projet de Ron Arad est également intéressant en ce qu’il réconcilie l’architecture et les performances environnementales.

Vous avez vendu L'Esplanade de Louvain-la-Neuve à Klépierre. Comptez-vous mettre la Médicacité en vente ?

Disons qu’aujourd’hui elle n’est pas à vendre. Mais, à moyen terme, on n’envisage pas de la porter seul. Encore faut-il trouver un amateur. N’oublions pas qu’on parle de plus de 200 millions d’euros. Et puis, on aimerait rester co-investisseur, soit avec un partenaire 50/50, soit en la titrisant partiellement. On est développeur, mais également investisseur. Il nous importe d’assurer la pérennité de nos centres, leur contenu. A ce titre, la gestion est essentielle. Ce dont se préoccupe Gesmall, notre filiale de gestion et commercialisation. Son ambition est de travailler sur tous nos sites mais aussi de proposer ses services à d’autres groupes. Même si je ne me fais pas d’illusion : ceux qui ont leur propre gestionnaire ne feront pas appel à nous. Mais c’est important de se mesurer à la concurrence.

On sait que vous avez, dans le pipe line, le projet de réaffectation du site Boch à La Louvière. Et quoi d'autre encore ?

Nous avons remporté l’appel d’offres pour un centre commercial de 35000 m² à Valence (France). Nous sommes finalistes dans d’autres concours dont nous attendons les résultats. En décembre dernier, après cinq ans de travail, nous avons obtenu les permis d’urbanisme pour notre projet de centre commercial d’Obidos (Portugal). On l’avait déjà bien pré-commercialisé mais la crise est arrivée. On a donc gelé l’opération pendant douze mois. Enfin, à Louvain-la-Neuve, un projet d’extension se met en place.

(Lire également le "Face et Profil" de Peter Wilhelm dans La Libre Entreprise)