La société Safran Aero Boosters, spécialisée dans l'aéronautique, a présenté fin septembre à son personnel un plan industriel s'étalant sur les années 2021, 2022 et 2023 qui prévoyait notamment la suppression de 230 emplois à temps plein sur son site situé dans le zoning de Herstal, a-t-on appris de source syndicale et auprès de la direction, confirmant une information de la RTBF. Un peu plus de 1.500 personnes y travaillent. Après négociation, syndicats et direction sont parvenus à un accord avalisé ce lundi 2 novembre par une assemblée générale. Le groupe Safran s'est ainsi engagé à ne procéder à aucun licenciement sec dans les deux années à venir en échange d'une modération salariale de 5% pour les trois familles, à savoir les ouvriers, les employés et les cadres, précise la FGTB.

"Dès le départ, on a exclu un plan de licenciement", explique le délégué syndical Stefano Scibetta, "on ne nie pas que le secteur est en crise mais il ne faut pas oublier les efforts que les travailleurs ont fourni les 10 dernières années". Durant ces années, le chiffre d'affaires de l'entreprise a en effet fortement augmenté.

"Safran ne voulait pas procéder à ces licenciements", indique de son côté le directeur des ressources humaines Joseph Geuzaine, "mais si on faisait le calcul mathématique de ce qu'il y avait lieu de faire en fonction de la capacité qu'on avait en 2021 et 2022 et la charge qui s'annonçait suite à la crise Covid, on aurait dû effectivement se séparer de 230 personnes. C'est ce qu'on a annoncé lors du conseil d'entreprise du 25 septembre. On a alors proposé un plan alternatif qui a recours au chômage, qui est assez coûteux, c'est pourquoi on a demandé un effort salarial au personnel."

Pour éviter que les travailleurs perdent 5% de leur salaire, il a ainsi été décidé de supprimer six jours de congé extralégaux payés totalement par l'employeur, "ce qui représente 2% de l'effort à fournir", précise le syndicat, "et notre prime de fidélité sera rabotée à hauteur de 40%. Si la situation se dégrade davantage, il n'y aura toutefois pas de modération salariale supplémentaire."

Dans cet accord, il est également prévu une nouvelle vague de prépension ainsi que des départs à la retraite anticipée avec un incitant financier. Un important plan de formation a également été lancé, ce qui permet d'atténuer le chômage.

Rappelons par ailleurs qu'un plan d'innovation technologique a été mis sur pied en collaboration avec la Région Wallonne, ce qui permet d'éviter du chômage en donnant l'opportunité à des ingénieurs de travailler sur des projets à long terme