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La Cour des comptes a mis en garde mercredi le Théâtre de la Monnaie contre sa situation financière précaire et lui a recommandé d'établir des "budgets réalistes". La Monnaie se défend jeudi, en soulignant que des "modifications comptables importantes" ont été introduites en 2018, ce qui expliquerait son mauvais bilan financier. En application de la loi comptable de 2003, la Monnaie a introduit plusieurs modifications comptables en 2018, qui ont eu un impact à hauteur d'un peu plus de cinq millions d'euros, explique-t-elle dans un communiqué. Elle souligne que la ministre du Budget, Sophie Wilmès, lui avait accordé une dérogation préalable, en prévision de ce déficit.

Dans les détails, les salaires sont désormais comptabilisés du mois de janvier au mois de décembre alors qu'auparavant, ils l'étaient du mois de décembre de l'année précédente au mois de novembre de l'année en cours. Résultat: 2018 compte 13 mois de salaires et non 12, ce qui représente "un impact non récurrent" de près de deux millions d'euros.

En outre, la provision pécule de vacances a été comptabilisée (1,25 million d'euros) et les avances et recettes de spectacles ont été rattachées à l'exercice de l'année auxquels ces spectacles ont effectivement lieu. Si la Monnaie vend, en 2018, un abonnement lié à des spectacles prévus en 2019, la recette est introduite dans l'exercice 2019 et non plus 2018 comme auparavant. Ce qui a un impact de 1,8 million d'euros.

Déficit d'exploitation de 280 000 euros

Par ailleurs, une deuxième dérogation avait été approuvée par Mme Wilmès car le tax-shelter, un incitant fiscal, avait été introduit avec du retard. Un déficit à hauteur du manque à gagner avait ainsi été autorisé. Les recettes du tax-shelter ont été inférieures d'un million d'euros à ce qui était prévu mais cela a été compensé par une augmentation des recettes propres (de 700 000 euros environ).

La Monnaie conclut qu'en mettant de côté les modifications comptables, elle aboutit à un déficit d'exploitation de l'ordre de 280 000 euros.

La Monnaie assure que "l'équilibre d'exploitation a été retrouvé et sera maintenu". La Cour des comptes pointait également une insuffisance chronique de trésorerie mais cette situation est "plus longue à régler en raison des déficits accumulés par le passé et des décalages de trésorerie liés à notre cycle d'exploitation", avance encore La Monnaie.