Il n'y a pas que le livret d'épargne ! Les produits d'assurance vie restent populaires auprès de l'épargnant belge. Les assureurs le savent, qui publient chaque hiver les taux obtenus durant l'année écoulée. Depuis quelques jours, la saison de l'annonce des rendements de 2006 est lancée. Plusieurs compagnies font part de taux allant de 4,20 à 6,40 pc pour leurs produits de la branche 21, c'est-à-dire les assurances vie à taux garanti.

Ces chiffres valent évidemment sous réserve de leur approbation par les assemblées générales des compagnies d'assurance concernées dans le courant de l'année 2007. Néanmoins, certains assureurs sont pressés de les publier car ils y voient un évident atout pour leur stratégie publicitaire.

La fourchette de taux annoncée cette année, entre 4,20 et 6,40 pc, donne l'impression d'une grande disparité. Mais si l'on compare ce qui est comparable, on constate que les compagnies d'assurance ont obtenu des rendements plutôt similaires.

Ainsi, l'assurance vie classique, dont les capitaux sont principalement réinvestis en obligations, a généré un rendement qui varie généralement entre 4,20 et 4,35 pc, selon les premières publications des compagnies d'assurance. Il s'agit ici de produits qui offrent un taux minimum garanti et, éventuellement, un bonus, qui consiste en une participation aux bénéfices de la compagnie d'assurance. Dans beaucoup de cas, le taux garanti se situe aux alentours de 3 pc. Certains assureurs optimistes, comme Ethias, ont relevé ce taux garanti à 3,25 pc. Mais la plupart des compagnies le limitent à 3 pc. D'autres restent en deçà, jusque 2,50 pc dans certains cas.

Les capitaux récoltés via ces produits sont généralement réinvestis à hauteur de 90 pc en obligations et à hauteur de 10 pc en actions, ce qui explique le niveau relativement bas du taux minimum garanti. Les assureurs ont tendance à aligner le rendement minimum garanti sur le taux des obligations linéaires à dix ans.

Tant qu'il y a des bénéfices...

Par contre, il existe des produits de la branche 21 pour lesquels les assureurs réinvestissent une part significative des capitaux en actions. La proportion peut aller jusqu'à 40 pc d'actions pour 60 pc d'obligations. Grâce à cette politique, les compagnies ont profité de l'embellie boursière des dernières années. En 2006, elles ont ainsi obtenu des rendements annuels allant jusqu'à 6,40 pc. C'est par exemple le cas du produit "Atlantica Maxima" chez les AP. Les leaders du marché, Ethias et Axa, proposent des taux de 6,20 pc (First Invest d'Ethias) et de 5,60 pc (Crest 30 d'Axa) respectivement.

Évidemment, la médaille a un revers : dans tous ces cas de figure, le rendement minimum garanti est égal à... 0 pc. L'épargnant mise donc tout sur la participation bénéficiaire qui, par définition, n'est jamais garantie. Tant que la conjoncture économique et boursière est favorable, les bénéfices sont là. Dans le cas contraire... Mais ces produits gardent l'avantage de présenter une protection du capital, puisqu'ils sont inclus dans la catégorie de la branche 21.

On trouve encore sur le marché des solutions intermédiaires, qui investissent à hauteur de 80 pc en obligations et de 20 pc en actions. C'est par exemple le cas de l'"Invest for Life" d'AGF Belgium (5 pc en 2006). Mais le taux garanti est, ici, limité à 2,50 pc...

Il reste encore à évoquer les frais. Très variables d'un assureur à l'autre, ils sont tantôt forfaitaires, tantôt proportionnels, parfois calculés à l'entrée, parfois à la sortie, parfois annuellement. Rien de bien neuf cette année dans ce domaine : comparer reste le maître mot...