Le marché ne se montrait pas particulièrement inquiet lundi après l'annonce vendredi des "engagements" pris par Suez dans le cadre de la Pax electrica II censée améliorer la concurrence sur le marché belge de l'énergie. L'action a d'ailleurs clôturé sur une hausse de 0,82 pc à 34,47 euros.

"Suez est gagnant. Il fera de petites concessions", note l'analyste de la Banque Degroof.

"Ce n'est pas dramatique pour Suez, mais ce n'est pas négligeable non plus", estime de son côté Marc Debrouwer, analyste chez Petercam. Suez devra dans un premier temps céder 5 pc de sa capacité de production nucléaire en Belgique à la SPE, le deuxième producteur d'électricité avec une part de marché d'un peu moins de 10 pc. Du côté de la SPE, on se dit "très positif" de l'évolution du dossier tout en attendant le verdict de l'Europe (prévu pour la mi-novembre) et l'aboutissement des négociations pour donner une réaction plus étayée.

Quant à l'engagement d'Electrabel de bloquer les prix pendant un certain temps, il ne pose pas de problème si le reflux des prix pétroliers se poursuit, estime Marc Debrouwer.

Pour les analystes d'Ixis Securities, "Suez, comme prévu, a réussi à limiter l'affaiblissement de sa position en Belgique". Bertrand Veraghaenne, analyste chez Petercam Asset Management (PAM) précise que les engagements demandés à Suez paraissent dérisoires par rapport à ce que l'Espagne exige d'E.ON dans le cadre de l'OPA sur l'opérateur Endesa.

Quant à l'arrivée du troisième opérateur, "on ne dit pas ce qui se passe si on ne le trouve pas", note Marc Debrouwer.

Il n'empêche, l'intérêt des grands groupes pour décrocher une part de marché en Belgique est toujours là. EDF a confirmé hier sa "volonté de se recentrer sur l'Europe" et suivre "les éventuelles opportunités qui pourraient s'offrir en Belgique", autant dans le gaz que dans l'électricité.

L'Italien Enel, qui avait menacé de lancer une OPA sur Suez pour s'adjuger Electrabel, semble aussi toujours attentif. D'autres noms sont cités comme le Néerlandais Nuon très actif sur le marché de la fourniture en Flandre. L'Allemand E.ON qui vient d'acheter à Electrabel un site non utilisé pourrait aussi être sur les rangs.

En tout cas, la Pax electrica II annoncée vendredi ne remet pas en cause, aux yeux des analystes, la nécessité de revoir les conditions financières de la fusion entre Suez et Gaz de France. Ils s'estiment en droit de réclamer trois à cinq euros de dividende exceptionnel de plus que ce qui était prévu. Les modalités d'échange devront être approuvées lors d'une assemblée prévue pour la fin de l'année.

© La Libre Belgique 2006