Entre 2010 et 2014, la progression du nombre de femmes indépendantes a été de l'ordre de 11% en régime complet, passant de 276.916 à 310.819 femmes indépendantes à titre principal, contre seulement une faible progression de 5,65% du nombre d'hommes en la matière, souligne vendredi le Syndicat des Indépendants et des PME (SDI), citant les statistiques de l'Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants (Inasti) arrêtées à la fin du mois de décembre dernier. Cette évolution est la plus marquée en Wallonie puisque les femmes y sont quasiment trois fois plus nombreuses (+11,65%) à endosser le statut d'indépendant que les hommes (+4,65%).

Cette tendance est notamment due à un souci de flexibilité dans le chef des femmes. Mais, selon le SDI, "beaucoup (...) optent pour ce statut en dépit et lorsqu'il n'y a plus rien d'autre à faire, et bien souvent parce qu'elles y sont obligées face à la traque sans cesse croissante des services de l'Onem en Wallonie".

Souvent avec une double vie (professionnelle et familiale) à gérer, les femmes indépendantes ne sont pas suffisamment considérées, déplore le syndicat.

Selon les chiffres de l'Inasti, 16% des indépendants à titre principal vivent aujourd'hui avec moins de 833 euros par mois, soit un montant inférieur au seuil de pauvreté fixé à 1.074 euros. Et une proportion assez forte de femmes indépendantes sont visées, affirme le SDI, rappelant que les familles monoparentales sont quatre fois plus touchées par la précarité qu'une famille de deux adultes et de deux enfants.

Le syndicat constate une trop grande différence entre les statuts salarié et indépendant dans le domaine familial et demande de nouvelles mesures pour restreindre cette divergence.