Johnny Thijs, le patron de La Poste, faisait sa rentrée médiatique mercredi. Mais hors de question, pour lui, d'évoquer le climat social toujours tendu au sein de l'entreprise publique. "Je n'ai rien à dire sur l'actualité sociale ou politique" , a-t-il averti d'emblée. Il n'est donc pas revenu sur sa missive explosive dénonçant l'absentéisme du personnel. Ni sur les diverses réorganisations internes. "Je sais que les changements en cours sont durs et mettent beaucoup de pression sur le personnel, a-t-il concédé . Mais nous n'avons pas d'autre choix que de poursuivre la modernisation de La Poste."

M. Thijs, entouré de ses principaux directeurs, a préféré mettre l'accent sur la satisfaction de la clientèle (particuliers et entreprises). Laquelle, après avoir fléchi au cours du deuxième semestre de 2006, est repartie à la hausse. "L'accroissement des appels de clients (demandes d'informations et plaintes) n'empêche pas que, depuis cinq ans, la satisfaction s'est globalement améliorée de 78 à 82 pc" , a indiqué Baudouin Meunier, responsable ventes et marketing. Et La Poste entend bien aller plus haut. L'ambition est de se rapprocher de la barre des 90 pc de satisfaction, "à raison d'une progression de 2 pc par an" . Une dizaine d'actions prioritaires ont été définies pour 2007-2008 afin d'y parvenir. Elles concernent la distribution du courrier (avec un accroissement des levées tardives des "boîtes rouges"), l'extension et la modernisation du réseau de vente (dont la rénovation, d'ici la fin de l'année, d'une centaine de bureaux de poste), ainsi qu'un traitement plus efficace des demandes d'informations et des plaintes.

1, 2, 3, 5 ou 7

La Poste a également saisi l'occasion, hier, pour dévoiler une petite révolution : l'introduction généralisée, dès le 1er octobre, du timbre sans valeur faciale. A cette date, La Poste n'éditera plus de timbres faisant figurer un tarif (dont le plus connu est le timbre de 52 cents). En lieu et place, les clients feront l'acquisition de timbres exprimés en unités (1, 2, 3, 5 ou 7).

Ce nouveau système d'affranchissement, en cours de généralisation dans plusieurs pays étrangers, était à l'étude depuis de longs mois. Mais pour le mettre en oeuvre sans imposer de modification des prix, il fallait que La Poste puisse éditer des "multiples" (0,52, 1,04, 1,56, 2,60 et 3,64 €), ce qui est aujourd'hui possible en fonction des tarifs en vigueur.

"Tant l'entreprise que nos clients profiteront de ce nouveau système" , assurent les responsables de La Poste. En vrac : les nouveaux timbres resteront valables indépendamment des changements de tarif (il ne sera plus nécessaire d'ajouter des timbres de 1 ou 2 cents en cas de hausse); la communication sera simplifiée (80 à 85 pc du courrier pourra être affranchi avec un timbre de valeur "1" qui correspond au format normalisé de 0 à 50 grammes); la gestion du stock de timbres sera également simplifiée (La Poste devrait faire des économies d'impression...); etc.

Les nouveaux timbres dénués de valeur faciale ne s'appliqueront toutefois qu'aux envois nationaux. Et s'il vous reste des timbres traditionnels, sachez qu'ils resteront bien entendu d'application au-delà du 1er octobre...