Les syndicats l'avaient dit. Ce qui ne devait être au départ qu'une grève locale s'est rapidement mué en un mouvement régional. La grève décidée en front commun par les postiers liégeois a fait tache d'huile dans toute la Wallonie. «La distribution du courrier et des journaux a été fortement perturbée lundi en Wallonie», a confirmé François Dorrekens, un porte-parole de La Poste.

C'est à Liège, d'où le mouvement est parti, que les problèmes ont été les plus importants. Le centre de tri de Liège a été bloqué, dimanche dès 22 heures, de sorte que les postiers non-grévistes - très rares - ont eu très peu de courrier à distribuer. «La grève est suivie à 100pc à Liège», indiquait dès l'aube Luc Martinez, permanent syndical CGSP à l'agence Belga. «Les piquets de grève se sont installés au centre de tri de Liège et dans tous les points de distribution, paralysant totalement les activités de La Poste, tant au niveau du tri que de la distribution.»

Le mouvement a aussi été bien suivi dans les provinces de Namur, de Hainaut et dans le Brabant wallon. «80pc du personnel postier a débrayé dans les grandes villes de Wallonie», complète André Blaise, de la CSC. «Dans les petits bureaux, c'est la moitié du personnel qui était en grève.» Aucune action n'a été signalée en Flandre. Et à Bruxelles, seul le bureau de Bruxelles 4 desservant Etterbeek a débrayé la nuit de dimanche à lundi, occasionnant des petites perturbations dans cette commune.

Encore des retards mardi

Par cette action

«d'avertissement», les postiers entendaient exprimer «leur ras-le-bol à propos de toutes les restructurations en cours à La Poste et de leur impact social». Cela concerne aussi bien la nouvelle réorganisation des tournées via le logiciel Georoute et la suppression de 900 équivalents temps plein au sein des facteurs qui l'accompagne que la restructuration des bureaux de poste et le remplacement de certains de ceux-ci par des Points Poste installés dans des commerces et tenus par du personnel non postier.

Le travail devait reprendre en principe lundi soir mais la distribution du courrier pourrait être encore un peu perturbée mardi en raison du reliquat à résorber.

Les syndicats ont rendez-vous avec la direction vendredi pour discuter de Georoute 2. «Si les discussions sont catastrophiques, il n'est pas exclu que l'on passe à l'action au niveau national», souligne André Blaise.

© La Libre Belgique 2005